Assurance incendie de l'habitation : ce qui est couvert, qui est responsable, comment être indemnisé
La garantie incendie de l'assurance habitation indemnise les dommages que le feu et les explosions causent à votre logement et à vos biens. Elle fait partie du socle de toute multirisque. Un incendie est rare, mais c'est le sinistre habitation le plus coûteux : 14 069 € en moyenne en 2025, selon France Assureurs.
14 069 €coût moyen d'un incendie en 2025
3,5incendies pour 1 000 contrats
28,7 %de la charge des sinistres habitation
102 %des cotisations incendie absorbées par les sinistres
L'essentiel
Garantie incendie : garantie qui indemnise les dommages causés à votre logement et à vos biens par un incendie ou une explosion, dans les limites du contrat. Exemple : un feu de cuisine détruit la pièce et son mobilier ; en 2025, un incendie a coûté en moyenne 14 069 € aux assureurs habitation, contre 12 549 € en 2024 (France Assureurs).
Le risque est rare : 3,5 incendies pour 1 000 contrats en 2025. Mais l'incendie pèse à lui seul 28,7 % de la charge des sinistres habitation, plus que les dégâts des eaux, pourtant dix fois plus fréquents. Pour les assureurs, la garantie a même coûté plus qu'elle n'a rapporté : la charge des sinistres a atteint 102 % des cotisations incendie en 2025.
14 069 €coût moyen d'un incendie en 2025 (+12,1 %)
3,5incendies pour 1 000 contrats habitation
28,7 %de la charge totale des sinistres habitation
1détecteur de fumée au moins, installé par le propriétaire
À retenir
Locataire, l'incendie du logement loué relève de vos risques locatifs, obligatoires : l'indemnité va au propriétaire.
Envers les voisins, celui chez qui le feu a pris n'est responsable que si une faute est prouvée.
Un capital mobilier trop bas réduit l'indemnité en proportion : c'est après un incendie qu'on s'en aperçoit.
Ce que couvre la garantie incendie
La garantie incendie couvre les dommages matériels causés par le feu et par les explosions au bâtiment, si vous l'assurez, et à votre mobilier, dans la limite du capital déclaré. Elle inclut d'office la garantie attentats, avec les mêmes franchise et plafond.
Garantie incendie de l'assurance habitation : dommages couverts
Dommage
Pris en charge ?
Précision
Murs, sols, plafonds (propriétaire)
Oui
Assurance du bâtiment par le propriétaire ou la copropriété
Logement loué (locataire)
Oui, au titre des risques locatifs
Indemnité versée au propriétaire
Meubles, vêtements, électroménager
Oui
Dans la limite du capital mobilier ; vétusté selon le contrat
Explosion de gaz
Oui
Incendie et explosion figurent ensemble dans les contrats (MAAF, Matmut)
Attentat ou acte de terrorisme
Oui, d'office
Mêmes franchise et plafond que l'incendie (art. L126-2)
Fumée
Selon le contrat
Lemonade cite « incendie et fumée » parmi ses garanties
Relogement, frais annexes
Selon le contrat
« Relogement provisoire » à la MACSF et à la MAE, 10 jours d'hôtel en assistance chez Direct Assurance
Sources : Code des assurances, article L126-2 ; Service-public.fr, fiche « Risques locatifs » (vérifiée le 16 avril 2025) ; documents des assureurs cités, relevés le 2 octobre 2026.
Un appareil grillé par une surtension, sans feu, relève d'une autre garantie : voir les dommages électriques. Si le logement devient inhabitable, voir le relogement après sinistre.
Qui est responsable de l'incendie : locataire, voisins, copropriété
La responsabilité dépend de la victime. Envers son bailleur, le locataire répond de l'incendie du logement loué, ce que couvre la garantie risques locatifs. Envers les voisins et les autres tiers, celui chez qui le feu a pris n'est responsable que si une faute est prouvée.
Incendie : qui indemnise qui
Victime
Qui indemnise
Règle
Le propriétaire du logement loué
L'assureur du locataire (risques locatifs)
Le locataire assure les risques « dont il doit répondre en sa qualité de locataire » (loi du 6 juillet 1989)
Les voisins, les tiers
L'assureur de responsabilité de celui chez qui le feu a pris, si une faute est prouvée ; sinon, leur propre assurance, s'ils en ont une
Code civil, article 1242, alinéa 2
Les parties communes d'un immeuble
L'assurance de la copropriété, puis éventuel recours contre le responsable
Responsabilité civile obligatoire du syndicat et de chaque copropriétaire
Vous, pour vos propres biens
Votre assureur, garantie incendie
Contrat d'indemnité : pas plus que la valeur des biens
Sources : loi du 6 juillet 1989, art. 7 ; Code civil, art. 1242 ; loi du 10 juillet 1965, art. 9-1 ; Code des assurances, art. L121-1 et L121-13.
La responsabilité du locataire envers son bailleur relève d'une règle propre du Code civil, distincte de celle qui vaut envers les voisins. Les cas dans lesquels le locataire peut s'en dégager sont à voir avec votre assureur. L'essentiel, en pratique, est d'être couvert : voir les risques locatifs.
Le feu part de chez le voisin
Votre propre assureur vous indemnise au titre de votre garantie incendie. Si une faute de votre voisin est prouvée, il peut ensuite se retourner contre lui ou son assureur (article L121-12). Pour un feu parti de chez vous, vérifiez que votre contrat comprend le recours des voisins et des tiers : voir la responsabilité civile.
Comment l'incendie est indemnisé
Après un incendie, l'assureur mandate en général un expert, qui recherche les causes et évalue les dommages. L'indemnité dépend ensuite du capital déclaré, du mode d'indemnisation (à neuf ou vétusté déduite), des plafonds et de la franchise.
L'expert : son rôle est « de constater des faits ou des situations, de rechercher les causes du sinistre et d'évaluer les dommages », et « l'assureur paie l'expert qu'il a désigné » (Service-public.fr). Si vous contestez son évaluation, une contre-expertise est possible, à vos frais sauf garantie « honoraires d'expert ». Voir l'expertise et la contre-expertise.
Le capital mobilier : s'il est inférieur à la valeur réelle de vos biens, l'indemnité est réduite en proportion (article L121-5). Exemple : biens d'une valeur de 30 000 €, capital déclaré de 20 000 €, dommages de 9 000 € ; l'indemnité tombe à 6 000 € avant franchise (calcul Portail Habitat). Estimez le vôtre avec l'outil de la page capital mobilier.
Le mode d'indemnisation : sans garantie valeur à neuf, vos biens sont remboursés vétusté déduite. Voir valeur à neuf et vétusté.
Le bâtiment : l'indemnité versée pour un immeuble endommagé doit servir à sa remise en état (article L121-17).
Aucun délai légal général n'encadre encore le paiement d'un incendie. Service-public.fr évoque une provision sous 2 mois et un solde en 3 mois environ, mais ce ne sont pas des délais imposés par la loi.
La loi du 26 mai 2026 prévoit une proposition d'indemnisation sous 2 mois, ou 6 mois avec expertise, mais seulement pour les contrats conclus ou reconduits après la publication d'un décret d'application. Voir l'indemnisation.
Détecteur de fumée : ce qu'il change pour l'assurance
Le détecteur de fumée est obligatoire dans chaque logement, mais son absence ne permet pas à l'assureur de refuser l'indemnisation d'un incendie. Elle peut seulement réduire l'indemnité, si l'assureur prouve qu'elle a aggravé les dégâts.
Qui l'installe : « Le propriétaire doit installer le détecteur de fumée, tandis que l'occupant s'occupe de son entretien, et, si besoin, de son remplacement » (Service-public.fr, fiche vérifiée le 13 mai 2026).
Information de l'assureur : l'occupant prévient son assureur habitation que le logement est équipé, en remettant une attestation accompagnée d'une preuve d'achat ou d'installation.
En cas d'incendie : « Même en l'absence de détecteur de fumée, l'assureur ne peut pas refuser d'indemniser en cas de sinistre incendie. Toutefois, s'il prouve que cette absence a aggravé les conséquences du sinistre, une réduction d'indemnisation peut être envisagée. »
Au tarif : certains assureurs en tiennent compte. Le prix d'appel de Luko by Allianz Direct est calculé pour un logement « équipé d'un détecteur de fumée ».
Chauffage et faux contrôles
Les appareils de chauffage mal entretenus exposent aussi au monoxyde de carbone : voir la fiche monoxyde de carbone. Aucun agent ne vient contrôler votre détecteur de fumée à domicile : méfiez-vous des démarcheurs qui le prétendent (fiche arnaques au démarchage).
Après un incendie : les démarches
Après un incendie, mettez-vous à l'abri et appelez les pompiers, puis déclarez le sinistre à votre assureur dans le délai du contrat, au moins 5 jours ouvrés. Gardez les objets abîmés jusqu'au passage de l'expert.
Appelez le 18 ou le 112. Les numéros sont sur la fiche numéros d'urgence.
Déclarez l'incendie à votre assureur, et prévenez votre bailleur ou le syndic si vous êtes en location ou en copropriété. Voir déclarer un sinistre.
Dressez un état estimatif des biens détruits : Service-public.fr cite l'« état estimatif des meubles et objets détruits ou détériorés » parmi les informations utiles.
Conservez tout : « Il est important de conserver tous les objets qui ont été endommagés lors du sinistre, même détériorés ou brûlés. » Photographiez-les.
Réunissez vos preuves : factures, photos, bons de garantie. La facture n'est pas la seule preuve admise.
Demandez le relogement si le logement est inhabitable, selon ce que prévoit le contrat ou son assistance. Voir la garantie assistance.
Êtes-vous bien couvert contre l'incendie ? La check-list
Cochez les points vérifiés dans vos conditions particulières et dans votre logement.
Ce que dit la loi
La garantie incendie est contractuelle, mais plusieurs textes en fixent le cadre : la responsabilité envers les tiers, la garantie attentats incluse d'office, et la réduction d'indemnité en cas de capital insuffisant.
Code civil, article 1242, alinéa 2 (version en vigueur depuis le 25 juin 2025)
« Celui qui détient, à un titre quelconque, tout ou partie de l'immeuble ou des biens mobiliers dans lesquels un incendie a pris naissance ne sera responsable, vis-à-vis des tiers, des dommages causés par cet incendie que s'il est prouvé qu'il doit être attribué à sa faute ou à la faute des personnes dont il est responsable. »
En clair : un voisin dont l'appartement brûle à cause d'un feu parti de chez vous doit prouver une faute pour obtenir réparation de votre part. Sans faute prouvée, c'est sa propre assurance qui l'indemnise.
Code des assurances, article L126-2 (version en vigueur depuis le 24 janvier 2006)
« ouvrent droit à la garantie de l'assuré pour les dommages matériels directs causés aux biens assurés par un attentat ou un acte de terrorisme »
En clair : tout contrat qui couvre l'incendie couvre aussi les attentats, « dans les limites de franchise et de plafond fixées au contrat au titre de la garantie incendie ». Une clause contraire serait réputée non écrite.
Code des assurances, article L121-5 (version du 21 juillet 1976)
« S'il résulte des estimations que la valeur de la chose assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l'assuré est considéré comme restant son propre assureur pour l'excédent, et supporte, en conséquence, une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire. »
En clair : si vous avez sous-estimé vos biens, l'assureur réduit l'indemnité dans la même proportion, sauf si le contrat prévoit autre chose.
Code de la construction et de l'habitation, articles L142-1 à L142-4
En clair : chaque logement doit être équipé d'au moins un détecteur de fumée, installé par le propriétaire et entretenu par l'occupant, qui en informe son assureur (Service-public.fr).
Oui, en principe, envers son bailleur : l'incendie fait partie des risques dont le locataire « doit répondre en sa qualité de locataire » (loi du 6 juillet 1989), d'où l'obligation d'assurer les risques locatifs. L'indemnité est versée au propriétaire. Les cas où le locataire peut s'en dégager sont fixés par le Code civil : voyez-les avec votre assureur.
Non, pas automatiquement. Envers les tiers, celui chez qui le feu a pris n'est responsable que s'il est prouvé que l'incendie est dû à sa faute (article 1242 du Code civil). Votre assureur vous indemnise au titre de votre garantie incendie, puis peut se retourner contre le voisin si une faute est établie.
Non. Selon Service-public.fr, « même en l'absence de détecteur de fumée, l'assureur ne peut pas refuser d'indemniser en cas de sinistre incendie ». Il peut toutefois réduire l'indemnité s'il prouve que cette absence a aggravé les conséquences du sinistre. Installez un détecteur et informez votre assureur.
Oui. Service-public.fr recommande de conserver tous les objets endommagés, « même détériorés ou brûlés », jusqu'au passage de l'expert ou l'accord de l'assureur. Photographiez-les, et réunissez factures, photos antérieures et bons de garantie. Ne jetez rien avant que les dommages aient été constatés.
Non, pas encore. Le délai est fixé par le contrat. Service-public.fr évoque une provision sous 2 mois et un solde en 3 mois environ, sans valeur légale. La loi du 26 mai 2026 prévoit une proposition sous 2 mois, ou 6 mois avec expertise, mais seulement après un décret d'application.