Une crue peut monter en quelques heures, parfois en quelques minutes lors d'un orage violent. Être alerté, disposer de quoi tenir 72 heures et connaître les bons réflexes limitent les risques. Après une catastrophe naturelle reconnue, la déclaration à l'assureur doit intervenir au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté.
112Urgences Depuis tout téléphone
18Sapeurs-pompiers Personne en danger
114Urgences par SMS Sourds, malentendants
L'essentiel
Alerte : FR-Alert prévient automatiquement les téléphones mobiles présents dans la zone menacée. Vigilance Météo-France et Vigicrues permettent d'anticiper.
Indemnisation : la garantie catastrophe naturelle joue après publication d'un arrêté interministériel ; franchise de 380 € pour un logement.
Les réflexes essentiels à chaque étape
72 hd'autonomie à prévoir
6 litresd'eau par personne
30 jourspour déclarer après l'arrêté
380 €de franchise pour un logement
Sources : info.gouv.fr (se préparer à une situation d'urgence), service-public.gouv.fr (indemnisation des catastrophes naturelles, fiche vérifiée le 10 avril 2026), interieur.gouv.fr (FR-Alert).
Être alerté
FR-Alert sur le téléphone mobile
FR-Alert permet aux autorités d'envoyer un message à tous les téléphones mobiles présents dans une zone exposée à un danger grave : inondation, tempête, incendie, accident industriel. Aucune inscription ni application n'est nécessaire, y compris pour les personnes de passage. Le message indique la nature du danger, la zone concernée et les consignes à appliquer immédiatement.
La vigilance de Météo-France
La carte de vigilance signale les phénomènes dangereux des prochaines 24 heures : vent violent, pluie-inondation, orages, neige-verglas, vagues-submersion, canicule, grand froid. Elle est actualisée au minimum deux fois par jour, à 6 h et à 16 h.
Ce qui a changé
Depuis le 1er septembre 2026, pour le vent, la pluie-inondation, les orages et la neige-verglas, les cartes de l'Hexagone et de la Corse distinguent les secteurs les plus exposés à l'intérieur de chaque département.
La vigilance crues (Vigicrues)
Vigicrues indique le niveau de vigilance des principaux cours d'eau, avec les hauteurs d'eau mesurées et prévues.
Signification de chaque couleur et conduite à tenir
Sirènes, radio et comptes officiels
Signal national d'alerte : son montant et descendant, émis par les sirènes. Il est testé le premier mercredi de chaque mois à midi. En dehors de ce test, il impose de se mettre à l'abri et d'écouter la radio.
Radio : une radio à piles fonctionne sans électricité ni réseau mobile.
Comptes officiels : préfecture, commune, services de secours. Les rumeurs circulent vite sur les réseaux sociaux.
Sources : vigicrues.gouv.fr, service-public.gouv.fr (actualité du 7 septembre 2026 sur les cartes de vigilance), interieur.gouv.fr (consultés le 2 octobre 2026).
Le kit d'urgence : tenir 72 heures
Les pouvoirs publics recommandent à chaque foyer de pouvoir tenir 72 heures en autonomie, le temps que les secours atteignent toutes les personnes. Le kit se range dans un sac facile à emporter, hors d'eau, à un endroit connu de toute la famille, et se vérifie deux fois par an (dates, piles).
Boire et manger : 6 litres d'eau en bouteilles par personne, nourriture qui se mange sans cuisson, ouvre-boîte.
S'éclairer, s'informer : radio et lampe à piles, piles de rechange, chargeur et batterie externe.
Se soigner : médicaments habituels et trousse de premiers secours.
Papiers et argent : copies des pièces d'identité et des ordonnances dans une pochette étanche, argent liquide, doubles des clés.
Se protéger du froid : vêtements chauds et couverture de survie.
En zone inondable, ajoutez la copie du contrat d'assurance habitation et les coordonnées de l'assureur : elles servent dès la déclaration des dégâts.
La liste complète, un calculateur pour votre foyer et le plan familial (lieu de rendez-vous, proches à aider, coupure du gaz et de l'électricité) : fiche kit d'urgence.
Source : info.gouv.fr, se préparer à une situation d'urgence (consulté le 2 octobre 2026).
Avant : connaître le risque et s'organiser
Savoir si le logement est exposé
Géorisques : les risques naturels et technologiques connus à votre adresse (inondation, retrait-gonflement des argiles, séisme, sites industriels).
Document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM) : il présente les risques de la commune, les mesures de sauvegarde et les consignes. Il est consultable en mairie et souvent en ligne.
Location ou achat : le bailleur ou le vendeur doit informer sur les risques connus du bien et sur les sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles.
Repères de crues : dans les zones inondables, ils indiquent la hauteur atteinte par les plus hautes eaux connues.
Préparer le logement et le foyer
Compteurs : repérez ceux d'électricité, de gaz et d'eau et apprenez à les couper.
Biens : rangez en hauteur papiers, objets de valeur, produits dangereux et appareils électriques. Photographiez vos biens pour l'assurance.
Refuge : identifiez un étage ou une pièce refuge et un lieu de rendez-vous familial.
École : les établissements scolaires disposent d'un plan particulier de mise en sûreté.
Personnes fragiles : une personne âgée, isolée ou handicapée peut s'inscrire sur le registre des personnes fragiles de sa commune, utilisé pour les contacter en cas de crise.
Quelques dizaines de centimètres d'eau suffisent à emporter une voiture, et le courant fait chuter un piéton. Une route inondée peut cacher un trou, une plaque d'égout soulevée ou un pont endommagé. De nombreux décès lors des inondations surviennent dans un véhicule.
Informez-vous Radio, FR-Alert, comptes officiels. Appliquez les consignes.
Montez en hauteur Rejoignez un étage ou la pièce refuge avec le kit. Ne descendez jamais au sous-sol, à la cave ou au parking souterrain.
Coupez électricité et gaz Uniquement si c'est possible sans toucher l'eau et sans danger.
Laissez les enfants à l'école Les enseignants les mettent en sécurité. Un trajet vous exposerait et encombrerait les routes.
Limitez les appels Réservez le réseau aux secours : 112 ou 18 en cas de danger, 114 par SMS si vous ne pouvez pas parler.
Évacuez sur demande Emportez le kit, fermez le logement et suivez l'itinéraire indiqué. Bloqué, signalez-vous depuis une fenêtre ou le toit.
Après : sécurité d'abord, puis démarches
Avant de réintégrer le logement
Autorisation : attendez l'accord des autorités pour rentrer.
Électricité et gaz : ne rétablissez pas le courant avant vérification d'une installation sèche ; faites contrôler la chaudière et l'installation de gaz.
Monoxyde de carbone : jamais de groupe électrogène, de pompe ou de chauffage d'appoint à moteur thermique à l'intérieur (voir la fiche monoxyde de carbone).
Eau du robinet : ne la buvez pas tant que sa potabilité n'a pas été confirmée par les autorités.
Nettoyage : bottes, gants, aération large pour limiter les moisissures.
Constituer le dossier d'indemnisation
Prévenez l'assureur au plus vite, sans attendre l'arrêté de catastrophe naturelle.
Photographiez et filmez les dégâts, la hauteur d'eau (traces sur les murs), les biens abîmés.
Conservez les biens endommagés jusqu'au passage de l'expert ou, si l'hygiène l'impose, photographiez-les avant de les jeter.
Rassemblez factures, garanties et relevés prouvant la valeur de vos biens.
Établissez un état estimatif : la liste chiffrée des pertes, à joindre à la déclaration.
Attention aux démarcheurs
Des entreprises proposent assèchement, nettoyage ou « expertise » à prix élevé, parfois en se disant mandatées par la commune ou l'assureur. Ne signez rien dans l'urgence, exigez un devis écrit et vérifiez auprès de votre assureur. Voir la fiche arnaques et démarchage.
Catastrophe naturelle : se faire indemniser
La garantie catastrophe naturelle est incluse dans tout contrat d'assurance couvrant les dommages aux biens (assurance habitation, assurance automobile hors simple responsabilité civile). Elle ne joue qu'après la publication au Journal officiel d'un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle.
Le calendrier de l'indemnisation, de l'inondation à la provision
La commune demande la reconnaissance Auprès de la préfecture, en principe au plus tard 24 mois après l'événement. Vos signalements de dégâts étayent la demande.
L'arrêté est publié au Journal officiel Il précise les communes concernées, la nature de l'événement et les dates.
Vous déclarez le sinistre Au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté, par lettre recommandée, de préférence avec accusé de réception : numéro de contrat, description des dommages, état estimatif des pertes.
L'assureur indemnise Provision dans les 2 mois qui suivent la remise de l'état estimatif (ou la publication de l'arrêté, si elle est postérieure), puis indemnité dans les délais fixés par le code des assurances.
Franchise : habitation ou bien non professionnel380 €
Franchise : dommages dus à la sécheresse (mouvements de terrain)1 520 €
Hébergement temporaire si la résidence principale est inhabitablePeut être pris en charge
Outil : calculer la date limite de déclaration
Indiquez la date de publication de l'arrêté au Journal officiel. Estimation indicative : n'attendez pas le dernier jour.
Sans reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, seules les garanties prévues au contrat s'appliquent, par exemple une garantie tempête ou dégâts des eaux.
Sources : code des assurances, service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 10 avril 2026) (consultés le 2 octobre 2026).
Autres risques naturels
Les canaux d'alerte sont les mêmes (FR-Alert, vigilance Météo-France, sirènes, radio) ; les consignes varient selon le danger.
Tempête et orages : rentrer le mobilier extérieur, éviter les déplacements et les abords des arbres, ne pas intervenir sur le toit pendant l'épisode.
Canicule : hydratation, pièces fraîches, attention aux personnes âgées et aux jeunes enfants (fiche canicule).
Grand froid et neige : chauffage en sécurité, déplacements limités (fiche grand froid).
Feux de forêt : débroussaillement obligatoire autour des habitations dans les zones exposées (fiche débroussaillement), comportements et conduite à tenir face au feu (fiche feux de forêt).
Sécheresse : restrictions d'eau par arrêté préfectoral, fissures des maisons sur sols argileux (fiche sécheresse).
Séisme : s'abriter sous un meuble solide, s'éloigner des fenêtres, puis évacuer le bâtiment une fois les secousses terminées.
Quiz : les bons réflexes
6 questions pour vérifier votre préparation.
Ce que dit la loi
L'indemnisation des catastrophes naturelles relève du code des assurances. L'information des habitants sur les risques et l'organisation communale en cas de crise relèvent du code de l'environnement et du code de la sécurité intérieure.
Code des assurances, articles L125-1 à L125-6
En clair : tout contrat couvrant les dommages aux biens inclut la garantie catastrophe naturelle. Elle s'applique aux dommages causés par l'intensité anormale d'un agent naturel, une fois l'état de catastrophe naturelle reconnu par arrêté interministériel publié au Journal officiel.
Code des assurances, article L125-2 et clauses types réglementaires
En clair : la déclaration doit parvenir à l'assureur au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté. L'assureur verse une provision dans les 2 mois suivant la remise de l'état estimatif. Franchise : 380 € pour un bien à usage non professionnel, 1 520 € pour les dommages liés à la sécheresse.
Code de l'environnement, article R125-11
En clair : dans les communes exposées à un risque majeur, le maire établit le document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM), qui présente les risques, les mesures de prévention et de sauvegarde et les consignes. Chacun peut le consulter gratuitement.
Code de la sécurité intérieure, article L731-3
En clair : le plan communal de sauvegarde prépare la réponse de la commune aux situations de crise : alerte et information des habitants, recensement des moyens, organisation de l'évacuation et de l'hébergement. Il est obligatoire dans les communes exposées à certains risques, notamment celles dotées d'un plan de prévention des risques naturels approuvé.
Code de l'environnement, article R125-11 : document d'information communal sur les risques majeurs
Questions fréquentes
FR-Alert n'est déclenché que pour un danger grave dans une zone précise : une vigilance orange n'entraîne pas forcément d'alerte. Un téléphone éteint, en mode avion ou hors réseau ne reçoit rien. Suivez aussi la radio et les consignes officielles.
Contactez l'assureur sans attendre et conservez la preuve de tout échange antérieur à l'arrêté. En cas de désaccord sur l'indemnisation, adressez une réclamation écrite à l'assureur, puis saisissez gratuitement le médiateur de l'assurance.
Vous déclarez à votre assureur les dommages à vos biens (mobilier, électroménager, vêtements). Prévenez aussi le bailleur : les dommages au bâtiment relèvent de son assurance. Si le logement devient inhabitable, l'ADIL de votre département vous renseigne sur vos droits.
Renseignez-vous auprès de la commune, en signalant vos propres dégâts : ces signalements étayent la demande. Les arrêtés de reconnaissance sont publiés au Journal officiel et consultables sur Légifrance.
Proposez-lui de s'inscrire sur le registre des personnes fragiles de sa commune, aidez-le à préparer un kit d'urgence et échangez vos numéros. En cas d'alerte, prenez de ses nouvelles et prévenez les secours s'il est en difficulté.