Arrêt maladie : l'avis sous 48 heures, puis les indemnités
L'arrêt maladie est une interruption de travail prescrite par un médecin, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste. L'Assurance maladie verse alors des indemnités journalières égales à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 42,97 € brut par jour, à partir du 4e jour. L'avis d'arrêt doit être envoyé sous 48 heures.
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L'essentiel
Un arrêt maladie suspend le contrat de travail et ouvre droit, sous conditions, à deux revenus de remplacement : les indemnités journalières de la Sécurité sociale, puis le complément versé par l'employeur.
48 heurespour envoyer l'avis d'arrêt à la caisse et à l'employeur
3 joursde carence avant les indemnités journalières
42,97 €brut par jour au maximum (arrêts débutant depuis le 1er juillet 2026)
31 joursau plus pour un premier arrêt, sauf justification
Ce qui a changé
1er janvier 2026 : un avis reçu par la caisse après la fin de la période d'arrêt prescrite peut entraîner une réduction de 100 % des indemnités.
1er septembre 2026 : un premier arrêt est limité à 31 jours et chaque prolongation à 62 jours, sauf justification ; le prescripteur indique systématiquement le motif médical (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026).
19 septembre 2026 : une sanction est prévue contre l'assuré qui cherche à obtenir un arrêt non justifié par son état de santé (décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026).
15 octobre 2026 : pour une affection de longue durée « non exonérante », les indemnités sont versées pendant 1 an au maximum, au lieu de 3 ans (même décret).
Sources : ameli.fr (pages « Arrêt maladie » et « Arrêts de travail pour maladie : ce qui change au 1er septembre 2026 »), service-public.gouv.fr, code.travail.gouv.fr, consultés le 2 octobre 2026.
Les 48 premières heures
L'avis d'arrêt de travail est le document qui déclenche les indemnités. Il est établi par le médecin, en ligne ou sur papier, et doit arriver à la caisse et à l'employeur dans les 48 heures.
Consultez Votre médecin, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste prescrit l'arrêt et en indique le motif médical.
Arrêt en ligne Si le médecin le transmet par internet, la caisse le reçoit directement. Il vous remet un exemplaire imprimé pour votre employeur.
Arrêt sur papier Depuis le 1er juillet 2025, le formulaire Cerfa sécurisé est obligatoire ; depuis le 1er septembre 2025, les anciens formulaires, les photocopies et les scans sont refusés. Envoyez les volets 1 et 2 à votre caisse d'assurance maladie (CPAM ou MSA).
Employeur Prévenez-le sans attendre (téléphone, courriel) et adressez-lui le volet 3 ou l'exemplaire imprimé dans les 48 heures.
Suivi Consultez vos paiements dans votre compte ameli. Les indemnités arrivent après le traitement du dossier, puis tous les 14 jours en moyenne.
Du premier jour d'arrêt au complément de l'employeur
Envoi en retard
Premier retard : la caisse vous informe et vous avertit des conséquences d'un nouvel envoi tardif.
Nouveau retard dans les 24 mois : les indemnités peuvent être réduites de 50 % entre la date de prescription et la date d'envoi.
Avis reçu après la fin de l'arrêt : depuis le 1er janvier 2026, la réduction peut atteindre 100 %.
À faire dans les 48 heures
Bon à savoir
Un arrêt prescrit en téléconsultation ne peut en principe pas dépasser 3 jours, et ne peut pas être prolongé en téléconsultation. Des exceptions existent, notamment quand la téléconsultation a lieu avec votre médecin traitant.
Indemnités journalières : conditions et calcul
Les indemnités journalières (IJ) maladie sont égales à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire correspond au total des 3 derniers salaires bruts avant l'arrêt, divisé par 91,25.
Élément
Règle en 2026
Délai de carence
3 jours : les IJ sont dues à partir du 4e jour
Montant
50 % du salaire journalier de base
Salaire pris en compte au maximum
2 613,83 € brut par mois (1,4 Smic)
Indemnité maximale
42,97 € brut par jour
Jours indemnisés
Chaque jour calendaire d'arrêt, samedi et dimanche compris
Plafond et maximum applicables aux arrêts débutant depuis le 1er juillet 2026. Sources : ameli.fr, service-public.gouv.fr (fiche « Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié »), consultés le 2 octobre 2026.
Exemple : 2 000 € brut par mois
3 derniers salaires bruts6 000 €
Salaire journalier de base (6 000 / 91,25)65,75 €
Indemnité journalière (50 %)32,88 € brut
Arrêt de 10 jours : 7 jours indemnisés230,16 € brut
Les IJ sont soumises aux prélèvements sociaux. Elles sont aussi imposables, sauf celles versées pour une affection de longue durée exonérante.
Conditions d'ouverture des droits
Arrêt de 6 mois au plus : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois, ou avoir cotisé sur au moins 1 015 fois le Smic horaire (12 494,65 €) au cours des 6 derniers mois.
Arrêt de plus de 6 mois : être affilié depuis au moins 12 mois et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 derniers mois, ou avoir cotisé sur au moins 2 030 fois le Smic horaire (24 989,30 €).
Demandeurs d'emploi : les IJ sont possibles si vous percevez une allocation chômage ou si vous avez été indemnisé au cours des 12 derniers mois.
Pas de délai de carence
Pour une prolongation, si la reprise du travail entre l'arrêt initial et la prolongation n'a pas dépassé 48 heures.
Pour une affection de longue durée (ALD) : la carence n'est retenue que pour le premier arrêt, sur une période de 3 ans. Voir la fiche affection de longue durée.
Estimer vos indemnités
Le calcul applique les règles publiées pour un salarié payé au mois. Aucune donnée n'est enregistrée.
Estimation indicative, en brut, avant prélèvements sociaux. Plafond de 2 613,83 € par mois et maximum de 42,97 € par jour, applicables aux arrêts débutant depuis le 1er juillet 2026. Seule la caisse calcule le montant exact.
Le complément versé par l'employeur
Le complément de salaire de l'employeur s'ajoute aux IJ pour un salarié qui a au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise. Il est prévu par le code du travail ; la convention collective peut être plus favorable.
« Tout salarié ayant une année d'ancienneté dans l'entreprise bénéficie, en cas d'absence au travail justifiée par l'incapacité résultant de maladie ou d'accident constaté par certificat médical et contre-visite s'il y a lieu, d'une indemnité complémentaire (…) »
Article L. 1226-1 du code du travail
Conditions : avoir justifié de l'arrêt dans les 48 heures, être pris en charge par la Sécurité sociale, être soigné en France ou dans un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen.
Carence : 7 jours. Le complément démarre donc au 8e jour d'arrêt.
Montant : 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours, indemnités journalières comprises.
Durée : chaque période de 30 jours augmente de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté, sans dépasser 90 jours.
À savoir
Consultez votre convention collective ou demandez au service du personnel : beaucoup d'entreprises maintiennent le salaire dès le premier jour ou sans condition d'ancienneté.
Sources : code du travail (articles L. 1226-1 et D. 1226-1 à D. 1226-8), code.travail.gouv.fr, consultés le 2 octobre 2026.
Durée de l'arrêt et durée d'indemnisation
Deux limites coexistent : la durée qu'un prescripteur peut inscrire sur un avis, et la durée pendant laquelle l'Assurance maladie verse des indemnités.
Durée d'un avis d'arrêt, depuis le 1er septembre 2026
Premier arrêt : 31 jours au maximum.
Chaque prolongation : 62 jours au maximum.
Dérogation : le médecin, la sage-femme ou le chirurgien-dentiste peut prescrire plus longtemps s'il justifie sur l'avis la nécessité d'une durée plus longue, au regard des recommandations de la Haute Autorité de santé.
Concrètement, un arrêt long se poursuit par des consultations régulières : si votre état de santé l'exige, revoyez votre médecin avant la fin de l'arrêt en cours.
Durée maximale des indemnités
Situation
Durée maximale
Arrêts maladie courants
360 indemnités journalières sur 3 ans
Affection de longue durée exonérante (prise en charge à 100 %)
3 ans
Affection de longue durée non exonérante, à partir du 15 octobre 2026
1 an
Combien de temps les indemnités journalières sont versées
ALD non exonérante : affection qui impose un arrêt ou des soins prolongés sans ouvrir droit à la prise en charge à 100 %.
Arrêts concernés : les arrêts prescrits à partir du 15 octobre 2026 et les arrêts en cours qui atteignent 6 mois après cette date. Un arrêt qui dépassait déjà 6 mois le 15 octobre 2026 reste sous l'ancienne règle de 3 ans.
Nouvelle période : en cas d'ALD, exonérante ou non, une nouvelle période d'indemnisation au titre de la même maladie suppose d'avoir repris le travail pendant au moins 1 an.
Sources : ameli.fr, code.travail.gouv.fr (« Indemnisation en cas d'arrêt maladie : ce qui change au 15 octobre 2026 »), décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026, consultés le 2 octobre 2026.
Sorties, obligations et contrôles
Les heures de sortie sont fixées par le prescripteur sur l'avis d'arrêt. Trois cas existent.
Sorties interdites : vous restez chez vous, sauf pour des soins ou des examens.
Sorties autorisées : vous devez être présent à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, samedis, dimanches et jours fériés compris, sauf soins ou examens médicaux.
Sorties libres : le prescripteur l'indique avec une justification médicale ; vous n'avez pas d'horaires de présence.
Vos obligations
Respecter les prescriptions du médecin et les horaires de sortie.
Vous abstenir de toute activité non autorisée.
Vous soumettre aux contrôles de la caisse et, le cas échéant, à la contre-visite demandée par l'employeur.
Les contrôles
Par l'Assurance maladie : le service médical ou des agents de la caisse peuvent vérifier que l'arrêt est justifié et que les obligations sont respectées.
Par l'employeur : s'il verse le complément de salaire, il peut faire réaliser une contre-visite par un médecin de son choix, à domicile sans prévenir pendant les heures de présence, ou au cabinet sur convocation.
Conséquences : absence injustifiée ou refus de contrôle peuvent entraîner l'arrêt du complément de l'employeur et la suspension des IJ. Le médecin de contrôle informe la caisse sous 48 heures si l'arrêt lui paraît injustifié.
Attention
Depuis le 19 septembre 2026, un assuré peut être sanctionné s'il cherche à obtenir un arrêt de travail non justifié par son état de santé. Les décisions de la caisse (suspension, réduction, sanction) peuvent être contestées : les voies et délais de recours figurent sur la notification.
Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Arrêt maladie : démarches à effectuer par le salarié », vérifiée le 1er septembre 2026), code.travail.gouv.fr, consultés le 2 octobre 2026.
Cas particuliers
Affection de longue durée : prise en charge des soins, carence et durée d'indemnisation spécifiques. Voir la fiche ALD.
Grossesse et naissance : le congé de maternité et le congé de paternité relèvent de règles propres. Voir la fiche congés de naissance.
Accident du travail ou maladie professionnelle : pas de délai de carence et des indemnités calculées différemment ; la déclaration suit une procédure distincte.
Agents publics, indépendants : leur régime prévoit des règles propres ; renseignez-vous auprès de l'employeur public ou de votre caisse.
Bon à savoir
Un arrêt lié à une souffrance psychique est un arrêt maladie comme un autre. Pour trouver de l'aide, voir la fiche santé mentale.
Ce que dit la loi
Les indemnités journalières relèvent du code de la sécurité sociale ; le complément de l'employeur, du code du travail. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 et ses décrets ont modifié la durée des arrêts et leur indemnisation.
Code de la sécurité sociale, articles L. 323-1 à L. 323-7
En clair : ils prévoient le versement d'indemnités journalières après un délai de carence, fixent leur durée maximale et les obligations de l'assuré pendant l'arrêt : suivre les prescriptions, respecter les heures de sortie, se soumettre aux contrôles et s'abstenir de toute activité non autorisée.
Code du travail, article L. 1226-1
« Tout salarié ayant une année d'ancienneté dans l'entreprise bénéficie, en cas d'absence au travail justifiée par l'incapacité résultant de maladie ou d'accident constaté par certificat médical et contre-visite s'il y a lieu, d'une indemnité complémentaire (…) »
En clair : après un an d'ancienneté, l'employeur complète les indemnités de la Sécurité sociale, selon les taux et durées fixés par décret.
Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
En clair : depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt de travail est limité à 31 jours et chaque prolongation à 62 jours, sauf justification par le prescripteur ; le motif médical figure sur l'avis.
Décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 relatif à la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail et à la sanction des abus
En clair : il ramène à 1 an la durée d'indemnisation des affections de longue durée non exonérantes à partir du 15 octobre 2026 et permet de sanctionner, depuis le 19 septembre 2026, la recherche d'un arrêt injustifié.
Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
Décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026
Questions fréquentes
Oui, s'il justifie sur l'avis la nécessité d'une durée plus longue au regard des recommandations de la Haute Autorité de santé. Sans justification, un premier arrêt est limité à 31 jours ; il peut ensuite être prolongé, par périodes de 62 jours au plus.
Après le traitement du dossier par la caisse, qui a besoin de l'avis d'arrêt et de l'attestation de salaire transmise par l'employeur. Les versements suivants ont lieu tous les 14 jours en moyenne. Suivez-les dans votre compte ameli.
Oui, elles sont soumises à l'impôt sur le revenu, sauf celles versées pour un arrêt lié à une affection de longue durée exonérante. Elles supportent aussi les prélèvements sociaux.
Oui, si vous percevez une allocation chômage ou si vous avez été indemnisé au cours des 12 derniers mois. Déclarez l'arrêt à France Travail lors de l'actualisation : l'allocation chômage est suspendue pendant l'arrêt, sans être perdue. Voir la fiche France Travail et chômage.
Cela dépend de ce qu'a coché le prescripteur. Avec des sorties autorisées, vous devez être chez vous de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, tous les jours. Dans tous les cas, limitez vos déplacements à ce que permet votre état de santé.
Tout médecin que vous consultez peut prescrire un arrêt. En téléconsultation avec un autre médecin que le vôtre, l'arrêt est en principe limité à 3 jours. Pour trouver un médecin, voir la fiche médecin traitant et 116 117.