S'inscrire à France Travail et toucher le chômage en 2026
L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) est versée aux salariés du privé qui perdent leur emploi sans l'avoir choisi et qui ont travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois. L'inscription se fait en ligne sur francetravail.fr, dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat.
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L'essentiel
Qui : les salariés du secteur privé dont le contrat a pris fin sans qu'ils l'aient voulu, et qui ont suffisamment travaillé.
Combien : une allocation journalière calculée sur l'ancien salaire brut, versée chaque mois sur la base de 30 jours.
Combien de temps : environ 0,75 jour indemnisé par jour de contrat, dans la limite d'un plafond qui dépend de l'âge.
Comment : inscription et demande d'allocation en ligne, puis entretien avec un conseiller et signature d'un contrat d'engagement.
En contrepartie : une recherche active d'emploi et une actualisation chaque mois, sans laquelle l'allocation n'est pas versée.
6 moisde travail sur les 24 derniers mois
12 moispour s'inscrire après la fin du contrat
32,13 €brut par jour au minimum
18 moisde versement au maximum avant 55 ans
Ce qui a changé
1er avril 2026 : 5 mois de travail suffisent pour un premier droit, si vous n'avez pas été indemnisé au cours des 20 dernières années.
1er juillet 2026 : pas de revalorisation des allocations ; le minimum reste de 32,13 € brut par jour.
1er septembre 2026 : indemnisation limitée à 15 mois avant 55 ans, 20,5 mois ensuite, après une rupture conventionnelle individuelle ; maintien des droits jusqu'à la retraite possible un trimestre plus tôt pour les personnes nées de 1964 à 1968.
Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Allocation chômage d'aide au retour à l'emploi », vérifiée le 23 juillet 2026), unedic.org (actualités du 1er avril, du 30 juin et du 31 août 2026), consultés le 2 octobre 2026.
Conditions
France Travail vérifie les conditions à partir des attestations transmises par vos employeurs.
« Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure (…) »
Article L. 5422-1 du code du travail
Avoir suffisamment travaillé
Moins de 55 ans : au moins 6 mois de travail, soit 130 jours ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois.
55 ans ou plus : la même durée, recherchée sur les 36 derniers mois.
Premier droit : pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2026, 5 mois de travail (108 jours ou 758 heures) suffisent si vous n'avez pas été indemnisé par l'assurance chômage au cours des 20 dernières années.
Avoir perdu son emploi involontairement
Le droit dépend de la façon dont le contrat a pris fin. Les conditions de la démission sont détaillées dans les cas particuliers.
Selon la façon dont le contrat a pris fin.
Autres conditions
Être inscrit à France Travail et rechercher activement un emploi.
Résider en France (métropole ou outre-mer) et être physiquement apte au travail.
Ne pas remplir les conditions d'une retraite à taux plein.
S'inscrire dans les 12 mois suivant la fin du contrat. Ce délai est prolongé dans certaines situations (arrêt maladie, congé parental, formation, création d'entreprise).
Sources : service-public.gouv.fr, code du travail (article L. 5422-1).
Vérifier vos droits en 6 questions
Ce test reprend les conditions principales. Seul France Travail peut confirmer vos droits, après étude de votre dossier.
Montant
L'allocation part du salaire journalier de référence (SJR) : les salaires bruts de la période de référence (24 mois, ou 36 mois dès 55 ans), divisés par le nombre de jours de cette période.
Calcul 1 : 40,4 % du SJR + 13,18 € par jour.
Calcul 2 : 57 % du SJR par jour.
Montant retenu : le plus favorable des deux.
32,13 €brut par jour au minimum
75 %du SJR au maximum
30 joursversés chaque mois
Exemple : 2 000 € brut par mois pendant 2 ans
Salaire journalier de référenceenviron 65,75 €
40,4 % du SJR + 13,18 €39,74 € par jour
57 % du SJR37,48 € par jour
Montant retenu (le plus favorable)39,74 € par jour
Sont ensuite prélevés une cotisation de retraite complémentaire de 3 % du SJR (environ 59 € par mois dans cet exemple) et, au-delà d'un certain montant, la CSG et la CRDS.
Salaires élevés : baisse à partir du 7e mois
Qui est concerné : un salaire antérieur supérieur en moyenne à 159,68 € brut par jour, soit environ 4 858 € brut par mois.
Baisse : 30 % à partir du 7e mois de versement.
Plancher : 92,57 € brut par jour.
Exception : pas de baisse pour les personnes âgées de 55 ans ou plus à la fin de leur contrat.
Bon à savoir
Vous pouvez reprendre un emploi tout en touchant une partie de l'allocation. France Travail déduit 70 % du salaire brut de la nouvelle activité : les jours non versés ne sont pas perdus et prolongent le droit. Déclarez toutes les heures travaillées lors de l'actualisation.
Sources : unedic.org, service-public.gouv.fr. Montants fixes en vigueur depuis le 1er juillet 2025 : l'Unédic n'a pas décidé de revalorisation au 1er juillet 2026.
Estimer votre allocation et sa durée
Estimation indicative, pour un salaire à peu près stable. Le calcul de France Travail tient compte de chaque contrat, des périodes non travaillées et des primes. Aucune donnée n'est enregistrée.
Hypothèses : période de référence de 24 mois (36 mois dès 55 ans), coefficient de 0,75 sur la durée, montants en vigueur depuis le 1er juillet 2025, hors outre-mer. Pour une estimation personnalisée, utilisez le simulateur de votre espace France Travail.
Durée
La durée dépend du nombre de jours couverts par des contrats pendant la période de référence. En métropole, 1 jour de contrat donne environ 0,75 jour d'allocation.
Ce coefficient de 0,75 s'applique depuis le 1er février 2023, tant que le taux de chômage reste inférieur à 9 %.
Âge à la fin du contrat
Durée minimale
Durée maximale
Après une rupture conventionnelle*
Moins de 55 ans
6 mois
18 mois (548 jours)
15 mois
55 ou 56 ans
6 mois
22,5 mois (685 jours)
20,5 mois
57 ans ou plus
6 mois
27 mois (822 jours)
20,5 mois
* Rupture conventionnelle individuelle dont la fin de contrat, fixée par la convention de rupture, intervient à partir du 1er septembre 2026. La rupture conventionnelle collective n'est pas concernée. Plafonds différents en outre-mer.
À partir de 55 ans, une prolongation peut être demandée à France Travail au vu des démarches de recherche d'emploi.
Sources : unedic.org (« Assurance chômage : ce qui change le 1er septembre 2026 »), service-public.gouv.fr.
Démarche
Inscrivez-vous sur francetravail.fr Avec votre numéro de sécurité sociale. La demande d'allocation se fait dans la même démarche. Sans équipement informatique, l'inscription peut se faire en agence France Travail ou avec l'aide d'un espace France Services.
Transmettez les justificatifs En particulier les attestations employeur de chaque contrat terminé, que l'employeur doit vous remettre.
Passez l'entretien avec un conseiller Il a lieu dans les 30 jours suivant l'inscription. Le contrat d'engagement est préparé à partir de cet entretien : métier recherché, zone géographique, salaire attendu, actions à mener.
Recevez la notification France Travail indique, par courrier ou dans votre espace personnel, le montant, la durée et la date de début de vos droits.
Actualisez-vous chaque mois À partir du 28 du mois et au plus tard le 15 du mois suivant, en ligne, sur l'application ou au 3949. Déclarez toutes les heures travaillées.
Délais avant le premier versement
Délai d'attente : 7 jours.
Différé congés payés : si une indemnité de congés non pris a été versée, le paiement est décalé d'autant de jours.
Différé spécifique : si les indemnités de rupture dépassent le minimum légal, le paiement peut être repoussé jusqu'à 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique).
De la fin du contrat au premier versement de l'ARE.
Documents à préparer
Bon à savoir
Depuis le 1er janvier 2025, l'inscription est automatique pour les personnes qui demandent le RSA et leur conjoint, les jeunes suivis par une mission locale et les personnes accompagnées par Cap emploi. Elles n'ont aucune démarche d'inscription à faire.
Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Inscription comme demandeur d'emploi »), code du travail (article L. 5411-1).
Obligations, sanctions et recours
S'actualiser chaque mois : c'est ce qui déclenche le paiement. Sans actualisation, l'allocation n'est pas versée et l'inscription peut être annulée.
Déclarer tout changement : reprise d'emploi, formation, arrêt maladie, déménagement, absence de plus de 7 jours.
Respecter le contrat d'engagement : rendez-vous, démarches prévues, candidatures.
Ne pas refuser deux offres raisonnables d'emploi sans motif légitime, c'est-à-dire des offres conformes au métier, à la zone et au salaire définis dans le contrat d'engagement.
Sanctions
Depuis le 1er juin 2025, un manquement sans motif légitime peut entraîner une sanction graduée, dite « suspension-remobilisation » :
Premier manquement : suspension de 30 % à 100 % de l'allocation pendant 1 à 2 mois.
Manquements suivants : suspension ou suppression de 30 % à 100 % pendant 1 à 4 mois. Une suppression totale s'accompagne d'une radiation de même durée.
Refus de deux offres raisonnables : suppression de l'allocation et radiation pendant 2 mois, puis 4 mois en cas de nouveau refus.
Remise en règle : si vous respectez à nouveau vos engagements pendant la suspension, les sommes retenues peuvent vous être reversées.
Avant toute sanction, France Travail vous informe par écrit et vous laisse 10 jours pour présenter vos observations.
Contester une décision
Réclamation écrite Depuis votre espace personnel sur francetravail.fr, dans les 2 mois suivant la décision.
Médiateur régional de France Travail En cas de désaccord persistant, par le formulaire en ligne. Pour une radiation, cette médiation est un préalable obligatoire avant le juge.
Juridiction compétente Si nécessaire, celle indiquée dans la décision, avec les délais de recours.
Attention
France Travail ne demande jamais de mot de passe ni de coordonnées bancaires par SMS ou par e-mail. Les messages qui invitent à cliquer pour « éviter la radiation » ou « mettre à jour un RIB » sont des tentatives d'escroquerie.
Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Radiation de France Travail »), décret n° 2025-478 du 30 mai 2025, consultés le 2 octobre 2026.
Cas particuliers
Démission
Démission légitime : par exemple pour suivre son conjoint qui change de lieu de travail, en cas de violences conjugales ou de salaires impayés. L'ARE est versée.
Projet de reconversion ou de création d'entreprise : il faut 5 ans d'activité salariée continue et un projet reconnu réel et sérieux par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (Transitions Pro) avant de démissionner.
Autres démissions : un réexamen peut être demandé après 121 jours de chômage, en justifiant de recherches d'emploi.
La liste des démissions légitimes et les étapes de la démission pour reconversion figurent dans la fiche démission et chômage.
Création ou reprise d'entreprise
Le demandeur d'emploi qui crée son entreprise peut soit continuer à percevoir l'ARE en complément de ses revenus, soit demander une partie de ses droits restants sous forme de capital (ARCE), versée en deux fois. Le choix est difficile à modifier ensuite : il se prépare avec le conseiller. Voir la fiche créer son entreprise.
Seniors proches de la retraite
Sous conditions de durée d'indemnisation, d'affiliation et de trimestres de retraite, l'allocation peut être maintenue jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein. Depuis le 1er septembre 2026, les personnes nées de 1964 à 1968 peuvent en bénéficier un trimestre plus tôt, en conséquence de la suspension de la réforme des retraites.
Outre-mer
Le coefficient de 0,75 ne s'applique pas dans les départements d'outre-mer : les durées maximales y sont plus longues. Mayotte relève de règles et de montants spécifiques.
Sources : service-public.gouv.fr, unedic.org.
Ce que dit la loi
L'assurance chômage est encadrée par le code du travail (articles L. 5421-1 et suivants) et par la convention d'assurance chômage négociée par les partenaires sociaux, puis agréée par arrêté.
Code du travail, article L. 5422-1
« Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure (…) »
En clair : l'ARE est réservée aux personnes aptes au travail qui cherchent un emploi, ont suffisamment travaillé et ont perdu leur emploi involontairement, ou par rupture conventionnelle. Le même article prive de l'allocation la personne qui a refusé deux propositions de CDI en 12 mois à l'issue d'un CDD ou d'une mission d'intérim, sauf si elle a été employée en CDI pendant cette période.
Code du travail, article L. 5411-1
« Est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de l'opérateur France Travail : 1° La personne à la recherche d'un emploi qui demande son inscription ; »
En clair : l'inscription est une démarche personnelle. Depuis la loi pour le plein emploi, elle est automatique pour les demandeurs du RSA et leur conjoint, les jeunes suivis par une mission locale et les personnes accompagnées par Cap emploi.
Avenant n° 2 à la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, agréé par arrêté du 19 juin 2026
En clair : pour une rupture conventionnelle individuelle dont la fin de contrat intervient à partir du 1er septembre 2026, la durée d'indemnisation est limitée à 15 mois avant 55 ans et à 20,5 mois à partir de 55 ans.
Décret n° 2025-478 du 30 mai 2025
En clair : il fixe le régime de « suspension-remobilisation » applicable depuis le 1er juin 2025 aux demandeurs d'emploi qui ne respectent pas leurs obligations.
Contactez France Travail sans attendre, par la messagerie de votre espace personnel ou au 3949. Sans actualisation, l'allocation du mois n'est pas versée et l'inscription peut être annulée. Une réinscription est possible, mais les jours non déclarés peuvent ne pas être rattrapés.
Envoyez votre arrêt de travail à l'Assurance maladie et déclarez-le lors de l'actualisation. Pendant l'arrêt, l'ARE n'est pas versée ; l'Assurance maladie peut verser des indemnités journalières. Les jours d'allocation non utilisés sont reportés, ils ne sont pas perdus.
Oui, à condition de signaler à France Travail, avant de partir, toute absence de plus de 7 jours, en précisant les dates. Une absence non déclarée peut entraîner une sanction.
Oui. L'ARE est soumise à l'impôt sur le revenu et au prélèvement à la source. Le montant perçu dans l'année est prérempli sur la déclaration de revenus.
Non. Les jours d'allocation non utilisés restent disponibles et peuvent être repris après une nouvelle perte d'emploi, dans un délai de 3 ans augmenté de la durée du droit initial. Il faut alors se réinscrire.
Oui. L'inscription donne accès à l'accompagnement d'un conseiller, aux formations financées et aux aides à la mobilité. Vérifiez en parallèle vos droits au RSA et à la prime d'activité auprès de la CAF ou de la MSA.