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Urgence et droits · Mis à jour en octobre 2026

Violences conjugales
qui appeler, comment se protéger

Les violences conjugales sont les violences physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques commises par un conjoint, un partenaire de Pacs, un concubin ou un ex. Le 3919 écoute et oriente gratuitement et anonymement, 24 h/24. En danger immédiat, appelez le 17 ou envoyez un SMS au 114.

17 Police · Gendarmerie
Danger immédiat
114 Par SMS
Si vous ne pouvez pas parler
3919 Violences Femmes Info
Gratuit, anonyme

En danger : les premiers réflexes

Face à des violences en cours ou à des menaces, la priorité est de se mettre en sécurité, avec les enfants. Les papiers et les démarches peuvent attendre.

  1. Appelez le 17 ou le 112 Police ou gendarmerie, gratuit, depuis un fixe ou un portable. Donnez l'adresse exacte et dites si des enfants sont présents.
  2. Impossible de parler : SMS au 114 Le 114 reçoit les SMS 24 h/24 et alerte les secours. Il sert aussi aux personnes sourdes ou malentendantes.
  3. Blessure, malaise : le 15 Le Samu ou les urgences de l'hôpital. Demandez un certificat médical qui décrit les blessures.
  4. Partez si vous le pouvez Chez un proche, ou dans un lieu ouvert et fréquenté : commissariat, gendarmerie, hôpital. Le 115 et le 3919 cherchent une place pour la nuit.
  5. Dès que possible, parlez-en Au 3919, à une association spécialisée, ou par tchat avec un policier ou un gendarme, 24 h/24.

Attention

Cette page reste dans l'historique du navigateur, et l'appel au 3919 dans le journal d'appels du téléphone. Si l'auteur des violences peut consulter vos appareils, lisez la partie se renseigner en sécurité.

À retenir

  • Le 3919 écoute, informe et oriente, mais n'est pas un numéro d'urgence : en danger, c'est le 17, le 112 ou le 114.
  • Une ordonnance de protection peut être demandée au juge sans avoir porté plainte.
  • L'aide universelle d'urgence de la CAF ou de la MSA est versée en quelques jours, aussi aux personnes qui ne sont pas allocataires.

Qui contacter, et pour quoi

Chaque numéro a un rôle précis. Tous sont nationaux et gratuits ; touchez un numéro pour l'appeler depuis un téléphone mobile.

Qui contacter selon l'urgence, numéros nationaux et gratuits. Danger immédiat : 17 ou 112, police ou gendarmerie ; 114 par SMS si vous ne pouvez pas parler ; 15 en cas de blessure ou de malaise. Partir ce soir : 115, hébergement d'urgence 24 heures sur 24 ; 3919, orientation vers une place spécialisée. Parler, s'informer : 3919, écoute anonyme 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ; tchat avec un policier ou un gendarme, 24 heures sur 24. Être accompagné : 116 006, France Victimes, 7 jours sur 7 de 9 h à 20 h ; 119 pour un enfant en danger ; association spécialisée près de chez vous.
Les numéros à composer selon la situation, du plus urgent au plus durable.
17 Police secours Violences en cours, menaces, quelqu'un vous empêche de partir. Le 112 fonctionne aussi, partout dans l'Union européenne. Gratuit
114 Urgence par SMS Pour une victime qui ne peut pas parler sans se mettre en danger, et pour les personnes sourdes ou malentendantes. 24 h/24. Gratuit
15 Samu Blessure, malaise, urgence médicale. Gratuit
3919 Violences Femmes Info Écoute, information et orientation des femmes victimes de violences, de leur entourage et des professionnels. Anonyme, 24 h/24 et 7 j/7, en métropole et dans les départements et régions d'outre-mer. Gratuit
115 Hébergement d'urgence Une place pour la nuit, seul ou avec les enfants. 24 h/24. Gratuit
119 Allô enfance en danger Un enfant subit ou voit des violences à la maison. 24 h/24, 7 j/7. Gratuit
116 006 France Victimes Aide aux victimes d'infractions : écoute, information sur les droits, orientation vers une association. 7 j/7, de 9 h à 20 h. Gratuit

Le signalement en ligne

Un service en ligne permet aux victimes et aux témoins de dialoguer par tchat avec un policier ou un gendarme formé aux violences conjugales, 24 h/24 et 7 j/7. L'agent aide dans les démarches et peut déclencher une intervention. L'historique de la discussion peut être effacé de l'appareil utilisé.

Signaler des violences par tchat →

Une association près de chez vous

Les associations spécialisées accueillent, écoutent, accompagnent pour la plainte et le logement, parfois avec un hébergement. L'annuaire officiel les recense par commune.

Trouver une association →

Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Violences conjugales », mise à jour le 1er avril 2026 ; service de signalement en ligne), arretonslesviolences.gouv.fr, solidaritefemmes.org (consulté le 2 octobre 2026).

Se renseigner et préparer un départ en sécurité

Un départ préparé est plus sûr. Si l'auteur surveille votre téléphone, votre ordinateur ou votre courrier, quelques précautions limitent les traces.

  • Navigation : utilisez la navigation privée, puis effacez l'historique et les recherches enregistrées. Le site arretonslesviolences.gouv.fr explique la marche à suivre pour chaque navigateur.
  • Téléphone : supprimez du journal d'appels les numéros d'aide composés. Utilisez si possible le téléphone d'une personne de confiance ou un ordinateur public.
  • Démarches : pour la CAF, faites la demande depuis un lieu sûr (accueil de la CAF, ordinateur public) et indiquez, si besoin, les coordonnées d'une personne de confiance plutôt que les vôtres.
  • Copies à l'abri : confiez des copies de vos papiers et de vos preuves à une personne de confiance. Le service Mémo de vie, signalé par arretonslesviolences.gouv.fr, permet aussi de les conserver en ligne.

Comment effacer ses traces →

Documents à emporter si possible

Préparez-les ou déposez-en une copie chez une personne de confiance. En cas de danger, partez sans attendre : les papiers peuvent être refaits.

Plainte, signalement et preuves

Une plainte déclenche une enquête et permet des poursuites contre l'auteur. Elle se dépose au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix, ou par courrier adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire.

  • Refus d'enregistrer la plainte : la police et la gendarmerie doivent recueillir votre plainte. En cas de refus, signalez-le à l'inspection générale de la police nationale (IGPN) ou de la gendarmerie nationale (IGGN).
  • Certificat médical : il n'est pas obligatoire pour porter plainte, mais il constitue une preuve. Un médecin ou le service des urgences peut l'établir.
  • Main courante : elle enregistre une déclaration et date les faits, sans engager de poursuites contre l'auteur.
  • Être accompagné : une association spécialisée ou France Victimes (116 006) peut préparer la plainte avec vous. Un avocat peut être pris en charge par l'aide juridictionnelle, selon vos ressources.

Les preuves à conserver

  • Écrits : SMS, courriels, messages vocaux, messages sur les réseaux sociaux (captures d'écran avec la date).
  • Blessures : photos datées, certificats médicaux, ordonnances.
  • Témoins : noms et coordonnées des personnes qui ont vu ou entendu.
  • Violences économiques : relevés de compte, retraits, prêts souscrits à votre nom.

Bon à savoir

Une plainte n'est pas exigée pour demander une ordonnance de protection. Pour l'aide universelle d'urgence, une plainte, un signalement au procureur ou une ordonnance de protection suffit.

Être protégé par le juge

L'ordonnance de protection est une décision du juge aux affaires familiales qui éloigne l'auteur des violences et organise la vie de la famille, en urgence, sans attendre un procès pénal. Elle peut être demandée par la victime sans plainte préalable.

Se protéger en 4 étapes, dans cet ordre ou en même temps. 1, se mettre à l'abri : 17, SMS au 114, 115, avec les enfants. 2, plainte ou signalement : au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur, avec un certificat médical. 3, ordonnance de protection : demandée au juge aux affaires familiales, sans plainte préalable, décision en 6 jours. 4, aide universelle d'urgence : versée par la CAF ou la MSA, décision en 3 jours ouvrés. En cas de danger grave et immédiat, le procureur, avec votre accord, demande une ordonnance provisoire de protection immédiate, décidée sous 24 heures.
Mise à l'abri, plainte, protection du juge et aide financière.
MesureQui la demande ou la décideDélai et duréeCe qu'elle apporte
Ordonnance de protectionLa victime, par requête au juge aux affaires familiales (cerfa n° 15458*07)Décision dans les 6 jours suivant la fixation de l'audience ; mesures valables 12 moisInterdiction de contact et de venir au domicile ou au travail, remise des armes, logement attribué à la victime, adresse cachée, mesures pour les enfants
Ordonnance provisoire de protection immédiateLe procureur de la République, avec l'accord de la victimeDécision du juge sous 24 heuresInterdiction de contact et d'accès au domicile, remise des armes, en cas de danger grave et immédiat
Téléphone grave dangerLe procureur de la République6 mois, renouvelableTéléphone géolocalisé pour alerter les forces de l'ordre en cas de grave danger
Bracelet anti-rapprochementLe juge, à la demande ou avec l'accord de la victimeSelon la décisionAlerte si l'auteur entre dans une zone de 1 à 10 km autour de la victime (pré-alerte de 2 à 20 km)

Demander une ordonnance de protection

  1. Remplissez la requête Formulaire cerfa n° 15458*07, avec un récit des faits et toutes les preuves disponibles.
  2. Déposez-la au tribunal judiciaire Le juge aux affaires familiales fixe une audience et convoque les deux parties.
  3. Audience et décision Le juge statue dans les 6 jours qui suivent la fixation de la date d'audience. L'avocat n'est pas obligatoire, mais conseillé.

Formulaire de requête en ordonnance de protection →

Ce qui a changé

  • 15 janvier 2025 : le décret n° 2025-47 précise la délivrance de l'ordonnance de protection et de l'ordonnance provisoire de protection immédiate, rendue sous 24 heures.
  • 1er avril 2026 : le montant de base de l'aide universelle d'urgence passe à 651,69 €.

Source : service-public.gouv.fr (fiche « Violences conjugales », mise à jour le 1er avril 2026 ; requête en ordonnance de protection) (consulté le 2 octobre 2026).

Se loger : partir ou rester

La victime n'est pas obligée de quitter le domicile : le juge peut lui attribuer le logement et interdire à l'auteur d'y revenir. Quitter le domicile pour se protéger est aussi justifié par les violences.

  • Mise à l'abri ce soir : le 115 propose une place d'hébergement d'urgence ; le 3919 et les associations orientent vers des places réservées aux victimes de violences. Voir la fiche hébergement d'urgence.
  • Rester dans le logement : demandez dans l'ordonnance de protection l'attribution du logement et l'interdiction pour l'auteur de s'y rendre.
  • Quitter un logement loué : le préavis est réduit à 1 mois pour la victime, sur justificatif (ordonnance de protection, ou preuve de poursuites, d'une procédure alternative aux poursuites ou d'une condamnation, même non définitive, de l'auteur).
  • Logement social : les victimes de violences conjugales font partie des publics prioritaires. Voir la fiche logement social.

Aide universelle d'urgence : combien et comment

L'aide universelle d'urgence est une aide financière versée par la CAF ou la MSA aux victimes de violences conjugales, allocataires ou non, pour faire face aux premières dépenses d'une séparation. Son montant de base est de 651,69 € depuis le 1er avril 2026, majoré selon le nombre d'enfants à charge.

651,69 €montant de base depuis le 1er avril 2026, majoré selon le nombre d'enfants
3 jours ouvréspour la décision de la CAF ou de la MSA, 5 jours ouvrés pour une personne non allocataire
3 justificatifsau choix : plainte, signalement au procureur ou ordonnance de protection
24 moisavant le premier remboursement, si l'aide prend la forme d'un prêt

Conditions

  • Être victime de violences de la part d'un conjoint, partenaire de Pacs ou concubin, actuel ou ancien.
  • Un justificatif : dépôt de plainte, signalement adressé au procureur de la République ou ordonnance de protection.
  • Résider en France et être de nationalité française, ressortissant européen ou titulaire d'un titre de séjour valable.

Montant et forme

  • Montant : il dépend du nombre d'enfants à charge et des ressources ; il est versé à 100 %, 80 %, 60 % ou 40 % selon les revenus. La CAF ou la MSA calcule le montant exact.
  • Aide ou prêt : selon votre situation financière, l'aide n'est pas remboursable, ou elle prend la forme d'un prêt sans intérêt. Le prêt concerne les personnes dont les revenus dépassent un plafond, fixé selon le nombre d'enfants à charge.
  • Remboursement du prêt : il commence 24 mois après l'attribution, en 24 mensualités au plus. Le tribunal peut condamner l'auteur des violences à le rembourser.

Demande

  1. Faites la demande en ligne Sur le site de la CAF, de la MSA ou du ministère des solidarités. Au moment de la plainte ou du signalement au procureur, la police, la gendarmerie ou le parquet peuvent aussi vous proposer de transmettre la demande.
  2. Joignez le justificatif Plainte, signalement au procureur ou ordonnance de protection.
  3. Décision et versement La CAF ou la MSA décide dans les 3 jours ouvrés suivant la réception de la demande, 5 jours ouvrés si vous n'êtes pas allocataire, puis verse l'aide.

Demander l'aide à la CAF en ligne →

Bon à savoir

L'aide universelle d'urgence ne remplace pas les autres droits : signalez la séparation à la CAF pour recalculer les prestations, et demandez si besoin un secours au CCAS. Voir besoin d'argent en urgence.

Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Violences conjugales », mise à jour le 1er avril 2026), caf.fr (« L'aide d'urgence pour les victimes de violences conjugales ») (consulté le 2 octobre 2026). Montant revalorisé chaque année au 1er avril.

Les enfants

Un enfant qui vit dans un foyer où ont lieu des violences en est lui aussi victime, même s'il n'est pas frappé. Sa protection fait partie des décisions du juge.

  • Dans l'ordonnance de protection : le juge peut statuer sur l'exercice de l'autorité parentale, la résidence des enfants et le droit de visite. S'il interdit à l'auteur tout contact avec les enfants, les visites ont lieu dans un lieu médiatisé.
  • Depuis le 18 mars 2024 : un parent poursuivi pour un crime commis contre l'autre parent perd l'exercice de l'autorité parentale et son droit de visite et d'hébergement jusqu'à la décision du juge. S'il est condamné pour ce crime, la juridiction pénale ordonne le retrait total de l'autorité parentale.
  • Un enfant en danger : le 119, gratuit, 24 h/24, ou le 17 en cas de danger immédiat.
  • Pension alimentaire : après la séparation, la CAF peut servir d'intermédiaire pour le versement, sans échange d'argent direct entre les parents. Voir la fiche pension alimentaire.

Vous êtes témoin ou proche

  • Violences en cours (cris, coups, appels à l'aide) : appelez le 17 ou le 112 et donnez l'adresse exacte. Ne vous interposez pas seul.
  • Vous avez des doutes : le 3919 conseille aussi l'entourage, et le tchat de signalement en ligne est ouvert aux témoins.
  • Une proche se confie : écoutez sans juger, ne la pressez pas de partir, proposez de garder des copies de ses papiers et donnez-lui le 3919.

Ce que dit la loi

L'ordonnance de protection est prévue par le code civil ; les violences au sein du couple sont punies par le code pénal. Des lois récentes ont créé l'aide universelle d'urgence et renforcé la protection des enfants.

Code civil, articles 515-9 à 515-13

En clair : lorsque des violences au sein du couple, ou commises par un ex, mettent en danger la victime ou des enfants, le juge aux affaires familiales peut délivrer en urgence une ordonnance de protection, sans plainte préalable. Il statue dans les 6 jours suivant la fixation de l'audience ; les mesures durent 12 mois à compter de leur notification.

Code civil, article 515-13-1, et décret n° 2025-47 du 15 janvier 2025

En clair : en cas de danger grave et immédiat, le procureur de la République, avec l'accord de la victime, peut demander une ordonnance provisoire de protection immédiate. Le juge se prononce dans un délai de 24 heures.

Loi n° 2023-140 du 28 février 2023

En clair : elle crée l'aide universelle d'urgence, versée par la CAF ou la MSA sous forme d'aide non remboursable ou de prêt sans intérêt, sur présentation d'une plainte, d'un signalement au procureur ou d'une ordonnance de protection.

Loi n° 2024-233 du 18 mars 2024

En clair : le parent poursuivi pour un crime commis sur l'autre parent est privé de l'exercice de l'autorité parentale et du droit de visite jusqu'à la décision du juge ; en cas de condamnation, le retrait total de l'autorité parentale est ordonné.

Textes de référence

Questions fréquentes

Non. La loi précise qu'une plainte préalable n'est pas nécessaire. Le juge apprécie les éléments fournis : certificats médicaux, messages, témoignages, mains courantes.

Non. Le 3919 écoute, informe et oriente, mais ce n'est pas un numéro d'urgence. En danger, appelez le 17 ou le 112, ou envoyez un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler.

Oui. Les violences conjugales ne sont pas seulement physiques : elles sont aussi psychologiques, sexuelles ou économiques, par exemple confisquer les papiers, priver d'argent ou isoler de ses proches. Le 3919 aide à faire le point.

Les violences commises par un ex-conjoint, un ex-partenaire de Pacs ou un ex-concubin sont aussi des violences conjugales, même sans vie commune. Plainte, ordonnance de protection et aide universelle d'urgence restent possibles.

Le 115 et le 3919 cherchent une place d'hébergement. L'aide universelle d'urgence est versée en quelques jours, y compris aux personnes qui ne touchent rien de la CAF. Un travailleur social ou une association aide ensuite à ouvrir les autres droits.

Oui. La plainte, l'ordonnance de protection et l'aide universelle d'urgence sont ouvertes à toute victime. Le 116 006 (France Victimes) écoute et oriente ; en danger, appelez le 17.

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