Pompe à chaleur collective : changer le chauffage d'un immeuble
Dans un immeuble au chauffage collectif, remplacer la chaudière par une pompe à chaleur collective ou un raccordement à un réseau de chaleur se décide en assemblée générale, à la majorité de l'article 25 pour des travaux d'économie d'énergie. MaPrimeRénov' Copropriété finance 30 à 45 % d'un programme qui réduit d'au moins 35 % la consommation d'énergie.
30 à 45 %des travaux pris en charge par MaPrimeRénov' Copropriété
35 %de gain énergétique au moins pour y avoir droit
25 000 €de travaux par logement au plus dans le calcul de l'aide
230 €par lot après aides : exemple de raccordement publié par France Chaleur Urbaine
L'essentiel
Quand un immeuble est chauffé par une chaufferie commune, aucun copropriétaire ne peut changer seul de système : la chaudière, les canalisations et la régulation sont des équipements communs. Le passage à une énergie renouvelable est un projet collectif, qui se prépare avec le diagnostic de l'immeuble, le plan de travaux et le vote.
Trois voies existent pour quitter le gaz ou le fioul : une pompe à chaleur collective, un raccordement à un réseau de chaleur s'il passe à proximité, ou une chaufferie biomasse. Les aides publiques ne financent plus le remplacement d'une chaudière gaz par une autre.
Article 25majorité de vote des travaux d'économie d'énergie, avec passerelle vers l'article 24
75 %des lots au moins en résidence principale pour MaPrimeRénov' Copropriété (65 % jusqu'à 20 lots)
1er janvier 2025MaPrimeRénov' Copropriété ne finance plus l'installation de chaudières à gaz
70 kWau-delà, une PAC ou une climatisation relève de l'inspection et non plus de l'entretien tous les 2 ans
À retenir
Le DPE collectif et le plan pluriannuel de travaux, devenus obligatoires par étapes de 2023 à 2026 selon la taille de la copropriété, servent de base au projet.
MaPrimeRénov' Copropriété est demandée par le syndic et versée au syndicat, puis répartie selon les tantièmes ; des primes s'ajoutent pour les copropriétaires modestes.
Une chaufferie au fioul ne peut plus être remplacée par une chaudière fioul neuve depuis le 1er juillet 2022.
Préparer le projet de votre immeuble
Membre du conseil syndical ou copropriétaire : décrivez l'immeuble en 1 minute, nombre de logements et chauffage actuel. Des professionnels du chauffage de votre secteur vous recontactent pour une étude et un devis.
Les solutions pour un chauffage collectif décarboné
Le choix dépend de l'immeuble : la place sur le toit ou dans la cour, la température d'eau dont ont besoin les radiateurs, la présence d'un réseau de chaleur dans la rue et le terrain disponible pour un captage géothermique.
PAC collective air/eau : une ou plusieurs unités extérieures sur la toiture-terrasse ou dans la cour, reliées à la chaufferie. Elle demande de la place, une étude du bruit pour les logements voisins et une eau adaptée aux radiateurs existants.
PAC collective géothermique : des sondes ou un forage sur nappe sous la cour ou un terrain proche (voir la géothermie). La géothermie dite de minime importance va jusqu'à 2 MW en boucle fermée et 500 kW sur nappe, entre 10 et 200 m de profondeur ; au-delà, le régime minier s'applique.
Raccordement à un réseau de chaleur : une sous-station remplace la chaudière dans la chaufferie, sans unité extérieure ni stockage de combustible (voir le réseau de chaleur).
Chaufferie biomasse : chaudière collective aux granulés ou aux plaquettes, avec un silo et des livraisons régulières.
Dans un immeuble ancien, les radiateurs peuvent demander une eau chaude : plus elle est chaude, plus le rendement d'une PAC baisse.
Dans un immeuble ancien aux radiateurs en fonte, une PAC collective peut demander une eau plus chaude que celle pour laquelle elle est la plus efficace. Isoler d'abord abaisse la température nécessaire ; sinon, une PAC haute température ou une association avec la chaudière existante est étudiée (voir la PAC haute température et la chaudière en relève).
Le raccordement à un réseau de chaleur
Un réseau de chaleur distribue sous la rue l'eau chaude produite par une chaufferie centrale ; dans l'immeuble, une sous-station avec un échangeur transmet la chaleur au circuit des logements. Pour une copropriété déjà chauffée collectivement, la transformation peut être légère : la sous-station prend place dans la chaufferie existante.
Le raccordement d'un immeuble : la sous-station remplace la chaudière collective, la chaleur arrive par le réseau enterré.
Un exemple chiffré publié
France Chaleur Urbaine, le service public qui recense les réseaux, présente le cas d'une copropriété de 126 logements en 3 bâtiments : 105 000 € de travaux de raccordement, 76 000 € d'aides, soit 230 € par lot, pour 4 mois de travaux. Le service ne précise ni la ville ni la date de l'exemple : c'est un ordre de grandeur, pas un prix applicable à votre immeuble.
Le coût dépend de la puissance souscrite, de la longueur du branchement, des contraintes de voirie et de l'emplacement de la sous-station, selon France Chaleur Urbaine.
Le CO2 dépend du réseau : pour le DPE, l'arrêté du 11 avril 2025 retient par exemple 182 g par kWh pour le réseau de Paris et des communes limitrophes, 91 g à Grenoble et 295 g à Versailles, pertes comprises (valeurs citées par la Banque de France).
Le prix de la chaleur : chaque réseau fixe ses tarifs, avec une part fixe liée à la puissance souscrite et une part proportionnelle à l'énergie livrée ; demandez au gestionnaire sa police d'abonnement.
Le site France Chaleur Urbaine permet de tester une adresse : il indique le réseau le plus proche, sa distance et son taux d'énergies renouvelables et de récupération.
Ce qu'une PAC collective change pour l'immeuble
Une pompe à chaleur collective n'est pas une grosse PAC domestique : sa puissance la fait relever d'autres règles pour le fluide frigorigène, l'entretien et le bruit, que le syndic et le conseil syndical doivent anticiper dans le contrat d'exploitation.
Fluide frigorigène : selon le calendrier européen, les PAC split de plus de 12 kW ne pourront plus être mises sur le marché avec un fluide de PRG 750 ou plus en 2029, puis de PRG 150 ou plus en 2033 ; les monoblocs de plus de 12 kW et jusqu'à 50 kW, dès 2027 pour un PRG de 150 ou plus (voir les fluides frigorigènes).
Contrôle d'étanchéité : obligatoire tous les 12 mois pour un équipement contenant de 5 à 50 tonnes équivalent CO2 de gaz fluorés (24 mois avec un système de détection des fuites). Avec du R32, le seuil de 5 tonnes correspond à environ 7,4 kg de fluide (calcul avec un PRG de 675).
Entretien et inspection : l'entretien biennal vise les systèmes de 4 à 70 kW ; au-delà de 70 kW, le système relève de l'inspection réglementaire (voir l'entretien obligatoire).
Bruit : les unités en toiture ou dans une cour s'entendent dans les logements ; l'AFPAC compte au moins +9 dB(A) dans une cour intérieure. L'étude doit chiffrer le niveau aux fenêtres les plus proches (voir le bruit d'une PAC).
Intervenants : l'entreprise qui pose et entretient le circuit frigorifique doit détenir une attestation de capacité ; un forage géothermique est confié à un foreur certifié CertiForage depuis le 1er juillet 2025 (voir les qualifications).
Attention à la TVA
Le BOFiP range la fourniture d'une pompe à chaleur implantée pour un usage commun dans un immeuble collectif parmi les « gros équipements », exclus du taux de 10 % : seuls les travaux d'installation en bénéficient alors. Faites préciser sur le devis le taux appliqué à chaque ligne et sa justification.
Les étapes d'un projet de chauffage collectif
Un changement de chauffage collectif suit le calendrier de la copropriété : il se prépare avec les diagnostics obligatoires, se vote en assemblée générale, puis se finance avec les aides demandées par le syndic.
Les diagnostics Le DPE collectif est obligatoire depuis le 1er janvier 2024 au-delà de 200 lots, 2025 de 50 à 200 lots, 2026 sous 50 lots ; le plan pluriannuel de travaux depuis 2023, 2024 ou 2025 selon la taille. Ils situent le chauffage dans le programme.
L'étude Un bureau d'études ou un maître d'œuvre compare PAC collective, réseau de chaleur et biomasse : place, puissance, température d'eau, bruit, coût d'exploitation.
Le vote Les travaux d'économie d'énergie se votent à la majorité de l'article 25 ; avec au moins un tiers des voix, un second vote a lieu à la majorité de l'article 24.
Les aides Le syndic dépose la demande de MaPrimeRénov' Copropriété ; l'éco-PTZ copropriété peut financer la part des copropriétaires.
Les travaux et l'exploitation Contrat d'entretien ou d'exploitation, contrôles d'étanchéité, suivi des consommations.
Un copropriétaire qui veut seulement poser sa propre unité extérieure suit une autre procédure, plus courte (voir la PAC en copropriété).
MaPrimeRénov' Copropriété et les autres aides
MaPrimeRénov' Copropriété finance un programme de rénovation, pas un équipement isolé : la PAC collective ou le raccordement entrent dans le calcul s'ils contribuent au gain énergétique d'au moins 35 %. Le guide de l'Anah de septembre 2026 ne prévoit pas de forfait propre à ces deux solutions.
MaPrimeRénov' Copropriété en 2026
Élément
Règle
Précision
Copropriétés concernées
75 % des lots au moins en résidence principale
65 % pour 20 lots ou moins ; copropriété immatriculée
Gain énergétique
35 % au moins
Mesuré sur le programme de travaux
Taux de l'aide
30 % (gain de 35 %) ou 45 % (gain de 50 %)
Plafonné à un montant de travaux de 25 000 € par logement
Primes individuelles
3 000 € (très modestes), 1 500 € (modestes)
Pour les copropriétaires occupants
Bonus
+10 points en sortie de passoire, +20 points pour une copropriété fragile
Sortie de passoire : de F ou G à D au moins
Chaudière gaz
Plus financée depuis le 1er janvier 2025
Prise en compte dans le gain pour les dossiers déposés jusqu'au 31 décembre 2026, sans financement de son coût
Source : Anah, guide « Les aides financières en 2026 », édition de septembre 2026, p. 23 à 25. L'aide est demandée par le syndic, versée au syndicat des copropriétaires et répartie selon les tantièmes.
Calcul pour un logement : avec 25 000 € de travaux, l'aide atteint au plus 7 500 € au taux de 30 % et 11 250 € au taux de 45 %, avant primes individuelles et bonus.
CEE : le guide de l'Anah cite le Coup de pouce pour « la rénovation globale performante des bâtiments résidentiels collectifs », et précise que « ces aides sont bonifiées pour les ménages aux revenus modestes et très modestes ». Le raccordement d'un bâtiment résidentiel à un réseau de chaleur relève de la fiche CEE BAR-TH-137.
Éco-PTZ copropriété : souscrit par le syndic au nom du syndicat, de 7 000 à 30 000 € par logement selon le nombre d'actions, 50 000 € pour une performance globale d'au moins 35 %, sur 15 à 20 ans ; il ne finance pas les chaudières au gaz.
Pour un logement seul : MaPrimeRénov' par geste aide le raccordement d'un logement à un réseau de chaleur (1 200 €, 800 € ou 400 € selon les revenus), sans exiger d'entreprise RGE.
Les aides individuelles à la pompe à chaleur sont détaillées sur la page aides à la PAC en 2026.
Si l'immeuble garde une chaudière collective
Rien n'oblige une copropriété à quitter le gaz en 2026 : une chaudière collective au gaz peut être remplacée par une chaudière gaz neuve. Mais ce choix n'est plus aidé, et sa fourniture paie 20 % de TVA. Une chaufferie au fioul, elle, ne peut plus être remplacée par une chaudière fioul depuis le 1er juillet 2022 (voir l'interdiction du fioul).
Entretien : une chaudière collective de 4 à 400 kW s'entretient chaque année ; c'est le propriétaire de l'immeuble ou le syndicat des copropriétaires qui fait appel au chauffagiste.
Coût de l'énergie : le prix repère du gaz a augmenté de 6,3 % au 1er octobre 2026 et augmente de 6,6 % au 1er novembre 2026, selon la Commission de régulation de l'énergie.
Solution d'attente : un raccordement au réseau de chaleur ou une PAC collective peut se préparer pendant la durée de vie restante de la chaudière, pour éviter un remplacement en urgence.
Bon à savoir
Dans le neuf, la RE2020 abaisse le plafond de CO2 des logements collectifs à 260 kg par m² depuis le 1er janvier 2025, avec un seuil transitoire de 320 jusqu'à fin 2027 pour un immeuble raccordé à un réseau de chaleur : le gaz seul n'y passe plus en pratique (voir les chaudières gaz : ce qui change).
Comparer les offres pour l'immeuble
Aucun prix de référence n'est publié pour une PAC collective : chaque projet dépend du nombre de logements, de l'isolation et des radiateurs. Pour que l'assemblée compare des offres comparables, demandez à chaque entreprise ou bureau d'études :
La puissance retenue et la température d'eau prévue, calculées à partir des consommations réelles de l'immeuble.
Le coût d'investissement, les aides chiffrées par leur source et le reste à charge par tantième.
Le coût d'exploitation annuel : énergie, abonnement, entretien, contrôles d'étanchéité ou abonnement au réseau de chaleur.
L'emplacement des unités, leur puissance acoustique et le niveau estimé aux fenêtres les plus proches.
Faire étudier le chauffage de l'immeuble
Une seule demande pour être recontacté par des professionnels du chauffage de votre secteur : étude, PAC collective, raccordement ou chaufferie.
Quatre règles encadrent le chauffage collectif d'un immeuble en copropriété : le vote, l'interdiction des chaudières fioul neuves, l'entretien et les fluides.
Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 25 et 25-1
En clair : les travaux d'économie d'énergie, y compris ceux d'intérêt collectif réalisés sur les parties privatives, se votent à la majorité des voix de tous les copropriétaires ; avec au moins un tiers des voix, un second vote a lieu à la majorité de l'article 24.
Décret n° 2022-8 du 5 janvier 2022 ; code de la construction et de l'habitation, article R171-13
En clair : depuis le 1er juillet 2022, une chaufferie ne peut plus recevoir d'appareil émettant 300 g de CO2 ou plus par kWh, comme une chaudière fioul, même en remplacement.
Code de l'environnement, articles R224-41-4 à R224-41-9 et R224-44 (décret n° 2020-912)
En clair : une chaudière collective s'entretient chaque année ; une PAC de 4 à 70 kW au moins tous les 2 ans ; au-delà de 70 kW, le système relève de l'inspection.
Règlement (UE) 2024/573 du 7 février 2024 relatif aux gaz à effet de serre fluorés, articles 4 et 5 et annexe IV
En clair : une PAC collective contenant au moins 5 tonnes équivalent CO2 de fluide est soumise à un contrôle d'étanchéité périodique, et les nouvelles PAC devront utiliser des fluides de plus faible PRG selon un calendrier qui court jusqu'en 2033 pour les plus puissantes.
Oui, si la place, le bruit et la température d'eau le permettent. Dans un immeuble ancien aux radiateurs en fonte, la PAC doit produire une eau plus chaude, ce qui réduit son rendement : isoler d'abord, choisir une PAC haute température ou garder la chaudière en appoint sont les pistes étudiées. Un bureau d'études compare ces solutions avant le vote.
La majorité de l'article 25, celle des voix de tous les copropriétaires, pour des travaux d'économie d'énergie. Si le projet obtient au moins un tiers des voix sans atteindre cette majorité, un second vote a lieu aussitôt à la majorité de l'article 24. Le projet doit être inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale.
MaPrimeRénov' Copropriété finance 30 % ou 45 % des travaux d'un programme qui réduit d'au moins 35 % la consommation, dans la limite de 25 000 € de travaux par logement, avec des primes pour les copropriétaires modestes. S'y ajoutent des primes CEE et l'éco-PTZ copropriété. Les chaudières gaz ne sont plus financées.
Si un réseau de chaleur passe à proximité, le raccordement peut être le chantier le plus léger : une sous-station prend la place de la chaudière, sans unité extérieure. Sans réseau, la PAC collective ou la biomasse prennent le relais. Testez l'adresse sur France Chaleur Urbaine et faites comparer les coûts d'exploitation.
Oui, aucun texte ne l'interdit dans un immeuble existant en 2026. Mais ce remplacement n'est plus aidé : MaPrimeRénov' Copropriété ne finance plus les chaudières gaz depuis le 1er janvier 2025, l'éco-PTZ non plus, et la TVA est de 20 %. Une chaufferie au fioul, elle, ne peut plus recevoir de chaudière fioul neuve.
Chauffage d'immeuble : être recontacté par des professionnels de votre secteur
Pompe à chaleur, chaudière, poêle ou chauffe-eau : décrivez votre projet en 1 minute. Des professionnels du chauffage de votre secteur vous recontactent pour établir leur devis.