Harcèlement scolaire et cyberharcèlement Repérer, agir, se faire aider
Des violences répétées contre un même élève, à l'école ou sur internet, constituent un harcèlement : c'est un délit depuis la loi du 2 mars 2022. Le 3018, gratuit et anonyme, conseille les jeunes, les parents et les professionnels 7 jours sur 7.
3018Harcèlement, cyberharcèlement Gratuit, 7 j/7, 9 h-23 h
119Enfance en danger Gratuit, 24 h/24
3114Prévention du suicide Gratuit, 24 h/24
17Police · Gendarmerie Danger immédiat
L'essentiel
Le harcèlement scolaire désigne des violences répétées contre un élève par un ou plusieurs autres élèves. Il a lieu dans l'établissement, sur le trajet, à la cantine ou à la garderie, et en ligne, où il se poursuit le soir et le week-end.
Violences physiques : bousculades, coups, vol ou dégradation d'affaires.
Mise à l'écart : exclusion des jeux, des groupes, des invitations.
En ligne : messages ou images humiliants, faux comptes.
Violence, répétition, isolement : les trois critères du harcèlement
Une « plaisanterie » répétée chaque jour contre le même enfant est un harcèlement.
3018numéro national gratuit et anonyme
9 h-23 h7 jours sur 7
Délitdepuis la loi du 2 mars 2022
6 anspour porter plainte après les faits
Signes d'alerte
Un enfant harcelé en parle rarement de lui-même, par honte ou par peur des représailles. Aucun signe ne suffit seul ; plusieurs changements réunis justifient d'engager la conversation.
Les signes d'alerte à l'école et à la maison
Bon à savoir
Choisissez un moment calme et posez des questions ouvertes : « Comment se passe la récréation ? », « Avec qui manges-tu à la cantine ? ». Si l'enfant se confie, croyez-le et dites-lui que la situation n'est pas de sa faute.
Urgence
Propos sur la mort ou le fait de se faire du mal
Ces propos sont toujours à prendre au sérieux. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement 24 h/24. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.
Démarche pas à pas
Les étapes pour réagir, du dialogue à la plainte
Écoutez et rassurez L'enfant est la victime. Évitez les consignes du type « ignore-les » ou « défends-toi ».
Rassemblez les preuves Dates, lieux, noms des auteurs et des témoins, captures d'écran. En cas de blessure ou de mal-être, consultez un médecin et demandez un certificat.
Saisissez la direction de l'établissement Directeur d'école, principal ou proviseur, par écrit et lors d'un rendez-vous. L'établissement applique alors un protocole : écoute de la victime, entretiens avec les auteurs, mesures de protection, information des familles.
Ne confrontez pas les auteurs ni leurs parents Demandez plutôt à l'établissement un point régulier sur les mesures prises.
Appelez le 3018 Des psychologues, juristes et travailleurs sociaux conseillent gratuitement et peuvent alerter l'Éducation nationale si la situation n'évolue pas.
Si rien ne change, contactez l'académie Chaque académie dispose d'une ligne de signalement du harcèlement, indiquée sur son site.
Portez plainte si nécessaire Au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. France Victimes (116 006) accompagne les victimes et leur famille.
Sources : education.gouv.fr (Non au harcèlement), service-public.gouv.fr (consulté le 2 octobre 2026).
Cyberharcèlement
Sur les réseaux sociaux, les messageries, les groupes de classe ou les jeux en ligne, le harcèlement prend la forme de messages insultants, de rumeurs, de faux comptes ou de photos diffusées sans accord. La loi protège l'élève y compris en dehors de l'établissement.
« Aucun élève ou étudiant ne doit subir de faits de harcèlement résultant de propos ou comportements, commis au sein de l'établissement d'enseignement ou en marge de la vie scolaire ou universitaire et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de dégrader ses conditions d'apprentissage. »
Article L. 111-6 du Code de l'éducation
Ne pas répondre aux messages, ce qui alimente le harcèlement.
Bloquer et signaler les comptes et publications auprès de la plateforme.
Signaler sur Pharos, la plateforme du ministère de l'Intérieur, les contenus illicites comme les menaces ou les incitations à la violence.
Sécuriser les comptes en cas de piratage ou d'usurpation : mots de passe, paramètres de confidentialité. Les démarches pour récupérer un compte piraté sont dans la fiche compte piraté, arnaque en ligne.
Attention
Faites des captures d'écran avant toute suppression : message, date, heure, nom ou adresse du compte. Un message supprimé trop tôt est une preuve perdue.
Bon à savoir
Le 3018 intervient directement auprès des réseaux sociaux pour obtenir la suppression rapide de contenus ou de comptes. Il est aussi joignable par tchat et sur application.
Aucune incapacité totale de travail, ou 8 jours au plus
3 ans de prison, 45 000 € d'amende
18 mois, 7 500 €
Incapacité totale de travail de plus de 8 jours
5 ans, 75 000 €
2 ans et demi, 7 500 €
Suicide ou tentative de suicide
10 ans, 150 000 €
5 ans, 7 500 €
Avant 13 ans, un enfant ne peut pas être condamné à une peine de prison ou d'amende, mais des mesures éducatives peuvent être prononcées. Les parents de l'auteur peuvent devoir réparer le préjudice de la victime.
Mesures de l'établissement
Protection de la victime : vigilance renforcée des adultes, adulte référent, entretiens de suivi.
Sanctions disciplinaires contre l'auteur, jusqu'à l'exclusion définitive, y compris pour un cyberharcèlement visant un élève d'un autre établissement.
Changement d'établissement de l'auteur : si son comportement représente un risque pour la sécurité ou la santé des autres élèves, c'est l'élève auteur qui est affecté ailleurs, au collège, au lycée comme à l'école primaire.
Prévention
Le programme pHARe est déployé dans les écoles, collèges et lycées : formation des adultes, élèves ambassadeurs, séances de sensibilisation. La journée nationale « Non au harcèlement » a lieu chaque année en novembre.
Sources : service-public.gouv.fr, education.gouv.fr, décret n° 2023-782 du 16 août 2023 (consulté le 2 octobre 2026).
Le rôle de chacun
L'élève victime
La situation n'est pas de votre faute. Parlez-en à un adulte de confiance : parent, professeur, conseiller principal d'éducation, infirmier scolaire. Le 3018 écoute sans juger, gratuitement et sans demander de nom.
L'élève témoin
Ne riez pas, ne partagez pas et ne « likez » pas. Restez auprès de la victime et prévenez un adulte de l'établissement ou le 3018 : signaler, c'est protéger.
Le parent d'un élève auteur
Prenez la situation au sérieux sans la minimiser. Écoutez votre enfant, rappelez-lui la loi et les conséquences pour la victime, et travaillez avec l'établissement sur la réparation.
Les parents et les écrans
Parlez des réseaux sociaux avant qu'un problème survienne : ce qui se publie, ce qui se partage, à qui s'adresser. Le téléphone portable est interdit à l'école et au collège, sauf exceptions prévues par le règlement intérieur.
Quiz : les bons réflexes
Sept situations pour vérifier vos réflexes, à faire seul ou avec votre enfant.
Numéros utiles
Ces numéros nationaux sont gratuits. Ils complètent la démarche auprès de l'établissement.
3018Harcèlement et cyberharcèlementÉcoute, conseils, suppression de contenus en ligne. 7 j/7 de 9 h à 23 h, aussi par tchat et application.Gratuit, anonyme
119Allô Enfance en dangerEnfant en danger ou en risque de l'être. 24 h/24, 7 j/7.Gratuit
3114Prévention du suicideIdées suicidaires, inquiétude pour un proche. 24 h/24.Gratuit
17Police ou gendarmerieViolence en cours, menace grave, danger immédiat.Gratuit
116 006France VictimesAccompagnement des victimes et de leur famille, aide aux démarches de plainte.Gratuit
Ce que dit la loi
La loi du 2 mars 2022 a inscrit dans le code de l'éducation le droit à une scolarité sans harcèlement et créé un délit spécifique dans le code pénal ; un décret de 2023 permet d'éloigner l'élève auteur.
Code de l'éducation, article L. 111-6
« Aucun élève ou étudiant ne doit subir de faits de harcèlement résultant de propos ou comportements, commis au sein de l'établissement d'enseignement ou en marge de la vie scolaire ou universitaire et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de dégrader ses conditions d'apprentissage. »
En clair : l'établissement doit protéger l'élève, y compris lorsque le harcèlement a lieu en dehors des cours ou en ligne. Cet article remplace l'ancien article L. 511-3-1, abrogé par la loi du 2 mars 2022.
Code pénal, article 222-33-2-3
En clair : le harcèlement scolaire est un délit, commis par un élève ou par un adulte de l'établissement, même lorsque les faits se poursuivent hors de l'établissement ou sur internet. Les peines, présentées plus haut, augmentent avec l'incapacité de travail de la victime et vont jusqu'à 10 ans de prison en cas de suicide ou de tentative de suicide.
Décret n° 2023-782 du 16 août 2023
En clair : lorsque le maintien d'un élève représente un risque pour la santé ou la sécurité d'autres élèves, c'est lui qui change d'établissement. À l'école primaire, le directeur académique peut demander au maire de procéder à cette radiation et à l'inscription dans une autre école.
Code de procédure pénale, article 40
En clair : tout fonctionnaire, dont les personnels de l'Éducation nationale, qui a connaissance d'un délit dans l'exercice de ses fonctions doit en aviser le procureur de la République.
Demandez un nouveau rendez-vous avec un dossier écrit : faits répétés, dates, preuves, conséquences sur l'enfant. Si la réponse reste insuffisante, contactez la ligne de signalement de l'académie et le 3018.
Oui. Le code de l'éducation vise aussi les faits commis en marge de la vie scolaire, ce qui inclut le cyberharcèlement entre élèves. Des sanctions disciplinaires sont possibles même lorsque la victime est scolarisée dans un autre établissement.
Ce n'est pas à la victime de partir : en cas de risque pour les autres élèves, c'est l'auteur qui peut être affecté ailleurs. Un changement reste possible si l'enfant le souhaite et si la situation ne s'améliore pas ; il se prépare avec l'établissement.
Oui. Les parents peuvent porter plainte au nom de leur enfant, quel que soit l'âge des auteurs. Un auteur de moins de 13 ans ne peut pas être condamné à une peine, mais des mesures éducatives sont possibles et ses parents peuvent devoir indemniser la victime.
Faites une capture d'écran, signalez le contenu à la plateforme, puis appelez le 3018, qui intervient auprès des réseaux sociaux pour une suppression rapide. En cas de menace ou de contenu à caractère sexuel impliquant un mineur, portez plainte.
Sa crainte des représailles est compréhensible, mais le silence laisse le harcèlement se poursuivre. Expliquez-lui que l'établissement est tenu de le protéger et décidez ensemble de la manière d'agir. Le 3018 peut conseiller l'enfant comme le parent, de façon anonyme.