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Guide pratique · Mis à jour en octobre 2026

Harcèlement scolaire et cyberharcèlement
Repérer, agir, se faire aider

Des violences répétées contre un même élève, à l'école ou sur internet, constituent un harcèlement : c'est un délit depuis la loi du 2 mars 2022. Le 3018, gratuit et anonyme, conseille les jeunes, les parents et les professionnels 7 jours sur 7.

3018 Harcèlement, cyberharcèlement
Gratuit, 7 j/7, 9 h-23 h
119 Enfance en danger
Gratuit, 24 h/24
3114 Prévention du suicide
Gratuit, 24 h/24
17 Police · Gendarmerie
Danger immédiat

L'essentiel

Le harcèlement scolaire désigne des violences répétées contre un élève par un ou plusieurs autres élèves. Il a lieu dans l'établissement, sur le trajet, à la cantine ou à la garderie, et en ligne, où il se poursuit le soir et le week-end.

  • Violences verbales : insultes, surnoms, moqueries, rumeurs.
  • Violences physiques : bousculades, coups, vol ou dégradation d'affaires.
  • Mise à l'écart : exclusion des jeux, des groupes, des invitations.
  • En ligne : messages ou images humiliants, faux comptes.
Les 3 critères du harcèlement, réunis, à l'école, sur le trajet, à la cantine ou en ligne : violence, un rapport de force entre le ou les auteurs et la victime ; répétition, des agressions régulières, parfois pendant des mois ; isolement, la victime est seule et ne parvient pas à se défendre. Une dispute ponctuelle entre deux élèves de force égale n'est pas un harcèlement.
Violence, répétition, isolement : les trois critères du harcèlement

Une « plaisanterie » répétée chaque jour contre le même enfant est un harcèlement.

3018numéro national gratuit et anonyme
9 h-23 h7 jours sur 7
Délitdepuis la loi du 2 mars 2022
6 anspour porter plainte après les faits

Signes d'alerte

Un enfant harcelé en parle rarement de lui-même, par honte ou par peur des représailles. Aucun signe ne suffit seul ; plusieurs changements réunis justifient d'engager la conversation.

Les signes qui doivent alerter. À l'école : retards, absences, refus d'aller en classe ; affaires abîmées, perdues ou volées, argent qui disparaît ; baisse soudaine des résultats ; plus d'invitations ni de camarades. À la maison : troubles du sommeil, maux de ventre ou de tête le matin ou le dimanche soir ; anxiété, tristesse, irritabilité, repli sur soi ; changement brusque face au téléphone ou aux réseaux sociaux ; traces de coups ou vêtements déchirés expliqués de façon vague. Aucun signe ne suffit seul : plusieurs changements réunis justifient d'engager la conversation.
Les signes d'alerte à l'école et à la maison

Bon à savoir

Choisissez un moment calme et posez des questions ouvertes : « Comment se passe la récréation ? », « Avec qui manges-tu à la cantine ? ». Si l'enfant se confie, croyez-le et dites-lui que la situation n'est pas de sa faute.

Urgence

Propos sur la mort ou le fait de se faire du mal

Ces propos sont toujours à prendre au sérieux. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement 24 h/24. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.

Démarche pas à pas

Les 6 étapes pour réagir au harcèlement : 1, écouter et rassurer, croire l'enfant, ce n'est pas sa faute ; 2, garder les preuves : dates, noms, captures d'écran, certificat médical ; 3, saisir la direction de l'établissement par écrit et en rendez-vous ; 4, appeler le 3018, gratuit, anonyme, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h ; 5, alerter l'académie si la situation ne change pas ; 6, porter plainte dans les 6 ans qui suivent les faits. À éviter : confronter les auteurs ou leurs parents, ce qui expose l'enfant à des représailles. Urgence : danger immédiat 17, enfant en danger 119, idées suicidaires 3114.
Les étapes pour réagir, du dialogue à la plainte
  1. Écoutez et rassurez L'enfant est la victime. Évitez les consignes du type « ignore-les » ou « défends-toi ».
  2. Rassemblez les preuves Dates, lieux, noms des auteurs et des témoins, captures d'écran. En cas de blessure ou de mal-être, consultez un médecin et demandez un certificat.
  3. Saisissez la direction de l'établissement Directeur d'école, principal ou proviseur, par écrit et lors d'un rendez-vous. L'établissement applique alors un protocole : écoute de la victime, entretiens avec les auteurs, mesures de protection, information des familles.
  4. Ne confrontez pas les auteurs ni leurs parents Demandez plutôt à l'établissement un point régulier sur les mesures prises.
  5. Appelez le 3018 Des psychologues, juristes et travailleurs sociaux conseillent gratuitement et peuvent alerter l'Éducation nationale si la situation n'évolue pas.
  6. Si rien ne change, contactez l'académie Chaque académie dispose d'une ligne de signalement du harcèlement, indiquée sur son site.
  7. Portez plainte si nécessaire Au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. France Victimes (116 006) accompagne les victimes et leur famille.

Dossier à préparer avant le rendez-vous

Le guide de l'Éducation nationale pour les parents →

Sources : education.gouv.fr (Non au harcèlement), service-public.gouv.fr (consulté le 2 octobre 2026).

Cyberharcèlement

Sur les réseaux sociaux, les messageries, les groupes de classe ou les jeux en ligne, le harcèlement prend la forme de messages insultants, de rumeurs, de faux comptes ou de photos diffusées sans accord. La loi protège l'élève y compris en dehors de l'établissement.

« Aucun élève ou étudiant ne doit subir de faits de harcèlement résultant de propos ou comportements, commis au sein de l'établissement d'enseignement ou en marge de la vie scolaire ou universitaire et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de dégrader ses conditions d'apprentissage. »
Article L. 111-6 du Code de l'éducation
  • Ne pas répondre aux messages, ce qui alimente le harcèlement.
  • Bloquer et signaler les comptes et publications auprès de la plateforme.
  • Signaler sur Pharos, la plateforme du ministère de l'Intérieur, les contenus illicites comme les menaces ou les incitations à la violence.
  • Sécuriser les comptes en cas de piratage ou d'usurpation : mots de passe, paramètres de confidentialité. Les démarches pour récupérer un compte piraté sont dans la fiche compte piraté, arnaque en ligne.

Attention

Faites des captures d'écran avant toute suppression : message, date, heure, nom ou adresse du compte. Un message supprimé trop tôt est une preuve perdue.

Bon à savoir

Le 3018 intervient directement auprès des réseaux sociaux pour obtenir la suppression rapide de contenus ou de comptes. Il est aussi joignable par tchat et sur application.

Cyberharcèlement : les recours (Service-Public) →

Sanctions et protection de la victime

Peines encourues

Conséquence pour la victimeAuteur majeurAuteur de 13 à 17 ans
Aucune incapacité totale de travail, ou 8 jours au plus3 ans de prison, 45 000 € d'amende18 mois, 7 500 €
Incapacité totale de travail de plus de 8 jours5 ans, 75 000 €2 ans et demi, 7 500 €
Suicide ou tentative de suicide10 ans, 150 000 €5 ans, 7 500 €

Avant 13 ans, un enfant ne peut pas être condamné à une peine de prison ou d'amende, mais des mesures éducatives peuvent être prononcées. Les parents de l'auteur peuvent devoir réparer le préjudice de la victime.

Mesures de l'établissement

  • Protection de la victime : vigilance renforcée des adultes, adulte référent, entretiens de suivi.
  • Sanctions disciplinaires contre l'auteur, jusqu'à l'exclusion définitive, y compris pour un cyberharcèlement visant un élève d'un autre établissement.
  • Changement d'établissement de l'auteur : si son comportement représente un risque pour la sécurité ou la santé des autres élèves, c'est l'élève auteur qui est affecté ailleurs, au collège, au lycée comme à l'école primaire.

Prévention

Le programme pHARe est déployé dans les écoles, collèges et lycées : formation des adultes, élèves ambassadeurs, séances de sensibilisation. La journée nationale « Non au harcèlement » a lieu chaque année en novembre.

Harcèlement scolaire : la fiche Service-Public →

Sources : service-public.gouv.fr, education.gouv.fr, décret n° 2023-782 du 16 août 2023 (consulté le 2 octobre 2026).

Le rôle de chacun

L'élève victime

La situation n'est pas de votre faute. Parlez-en à un adulte de confiance : parent, professeur, conseiller principal d'éducation, infirmier scolaire. Le 3018 écoute sans juger, gratuitement et sans demander de nom.

L'élève témoin

Ne riez pas, ne partagez pas et ne « likez » pas. Restez auprès de la victime et prévenez un adulte de l'établissement ou le 3018 : signaler, c'est protéger.

Le parent d'un élève auteur

Prenez la situation au sérieux sans la minimiser. Écoutez votre enfant, rappelez-lui la loi et les conséquences pour la victime, et travaillez avec l'établissement sur la réparation.

Les parents et les écrans

Parlez des réseaux sociaux avant qu'un problème survienne : ce qui se publie, ce qui se partage, à qui s'adresser. Le téléphone portable est interdit à l'école et au collège, sauf exceptions prévues par le règlement intérieur.

Quiz : les bons réflexes

Sept situations pour vérifier vos réflexes, à faire seul ou avec votre enfant.

Numéros utiles

Ces numéros nationaux sont gratuits. Ils complètent la démarche auprès de l'établissement.

3018 Harcèlement et cyberharcèlement Écoute, conseils, suppression de contenus en ligne. 7 j/7 de 9 h à 23 h, aussi par tchat et application. Gratuit, anonyme
119 Allô Enfance en danger Enfant en danger ou en risque de l'être. 24 h/24, 7 j/7. Gratuit
3114 Prévention du suicide Idées suicidaires, inquiétude pour un proche. 24 h/24. Gratuit
17 Police ou gendarmerie Violence en cours, menace grave, danger immédiat. Gratuit
116 006 France Victimes Accompagnement des victimes et de leur famille, aide aux démarches de plainte. Gratuit

Ce que dit la loi

La loi du 2 mars 2022 a inscrit dans le code de l'éducation le droit à une scolarité sans harcèlement et créé un délit spécifique dans le code pénal ; un décret de 2023 permet d'éloigner l'élève auteur.

Code de l'éducation, article L. 111-6
« Aucun élève ou étudiant ne doit subir de faits de harcèlement résultant de propos ou comportements, commis au sein de l'établissement d'enseignement ou en marge de la vie scolaire ou universitaire et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de dégrader ses conditions d'apprentissage. »

En clair : l'établissement doit protéger l'élève, y compris lorsque le harcèlement a lieu en dehors des cours ou en ligne. Cet article remplace l'ancien article L. 511-3-1, abrogé par la loi du 2 mars 2022.

Code pénal, article 222-33-2-3

En clair : le harcèlement scolaire est un délit, commis par un élève ou par un adulte de l'établissement, même lorsque les faits se poursuivent hors de l'établissement ou sur internet. Les peines, présentées plus haut, augmentent avec l'incapacité de travail de la victime et vont jusqu'à 10 ans de prison en cas de suicide ou de tentative de suicide.

Décret n° 2023-782 du 16 août 2023

En clair : lorsque le maintien d'un élève représente un risque pour la santé ou la sécurité d'autres élèves, c'est lui qui change d'établissement. À l'école primaire, le directeur académique peut demander au maire de procéder à cette radiation et à l'inscription dans une autre école.

Code de procédure pénale, article 40

En clair : tout fonctionnaire, dont les personnels de l'Éducation nationale, qui a connaissance d'un délit dans l'exercice de ses fonctions doit en aviser le procureur de la République.

Textes de référence

Questions fréquentes

Demandez un nouveau rendez-vous avec un dossier écrit : faits répétés, dates, preuves, conséquences sur l'enfant. Si la réponse reste insuffisante, contactez la ligne de signalement de l'académie et le 3018.

Oui. Le code de l'éducation vise aussi les faits commis en marge de la vie scolaire, ce qui inclut le cyberharcèlement entre élèves. Des sanctions disciplinaires sont possibles même lorsque la victime est scolarisée dans un autre établissement.

Ce n'est pas à la victime de partir : en cas de risque pour les autres élèves, c'est l'auteur qui peut être affecté ailleurs. Un changement reste possible si l'enfant le souhaite et si la situation ne s'améliore pas ; il se prépare avec l'établissement.

Oui. Les parents peuvent porter plainte au nom de leur enfant, quel que soit l'âge des auteurs. Un auteur de moins de 13 ans ne peut pas être condamné à une peine, mais des mesures éducatives sont possibles et ses parents peuvent devoir indemniser la victime.

Faites une capture d'écran, signalez le contenu à la plateforme, puis appelez le 3018, qui intervient auprès des réseaux sociaux pour une suppression rapide. En cas de menace ou de contenu à caractère sexuel impliquant un mineur, portez plainte.

Sa crainte des représailles est compréhensible, mais le silence laisse le harcèlement se poursuivre. Expliquez-lui que l'établissement est tenu de le protéger et décidez ensemble de la manière d'agir. Le 3018 peut conseiller l'enfant comme le parent, de façon anonyme.

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