Covoiturage : aides et règles pour les trajets du quotidien
Le covoiturage est l'utilisation en commun d'une voiture par un conducteur qui fait son propre trajet et des passagers qui partagent les frais, sans bénéfice pour le conducteur. Les trajets domicile-travail peuvent être aidés par l'employeur, avec le forfait mobilités durables, et par beaucoup de collectivités. La prime nationale de 100 € pour les nouveaux conducteurs n'est plus accordée depuis le début de 2025.
L'essentiel
Définition : un conducteur non professionnel partage un trajet qu'il fait pour son propre compte, contre un simple partage des frais.
Employeur privé : il peut verser le forfait mobilités durables, au conducteur comme au passager. Ce versement est facultatif.
Agents publics : le forfait est dû à partir de 30 jours de covoiturage ou de vélo dans l'année.
Collectivités : trajets gratuits pour les passagers et bonus par passager pour les conducteurs, dans beaucoup de territoires.
Assurance : la responsabilité civile obligatoire du conducteur couvre les passagers.
Carburant cher : les actifs aux revenus modestes qui roulent beaucoup pour travailler peuvent recevoir l'aide « grands rouleurs » de 100 € pour octobre à décembre 2026 (voir la fiche se déplacer pour travailler).
600 €par an, forfait mobilités durables (privé)
900 €par an en cumul avec le remboursement de l'abonnement
100 à 300 €par an pour les agents publics
135 €d'amende, voie réservée empruntée seul
Ce qui a changé
Début 2025 : fin de la prime nationale de 100 € « Coup de pouce covoiturage » pour les nouveaux conducteurs.
2 mai 2025 : sur le boulevard périphérique parisien, circuler seul sur la voie réservée au covoiturage pendant ses horaires d'activation est sanctionné d'une amende forfaitaire de 135 €.
Attention
La prime « Coup de pouce covoiturage » de 100 € pour les nouveaux conducteurs n'est plus accordée depuis le début de 2025. Un message qui la promet encore contre des coordonnées bancaires ou un paiement est une tentative d'arnaque.
À retenir
Le conducteur partage les frais, il ne gagne pas d'argent.
Le forfait mobilités durables dépend de votre employeur.
Les aides locales passent par une plateforme partenaire.
Conditions : partage des frais, impôts, assurance
Partager les frais, pas gagner de l'argent
Les passagers paient leur part des frais du trajet. Le conducteur paie la sienne. Dans ces limites, les sommes reçues ne sont pas imposables et n'ont pas à être déclarées.
Partage des frais ou bénéfice : un exemple chiffré
« Le covoiturage se définit comme l'utilisation en commun d'un véhicule terrestre à moteur par un conducteur et un ou plusieurs passagers, effectuée à titre non onéreux, excepté le partage des frais, dans le cadre d'un déplacement que le conducteur effectue pour son propre compte. »
Article L3132-1 du code des transports
Au-delà du partage des frais, il s'agit d'une activité de transport rémunérée, imposable et soumise à d'autres règles. L'assurance risque alors de ne plus couvrir le trajet.
Assurance
Passagers : ils sont couverts par la responsabilité civile obligatoire du conducteur en cas d'accident.
Contrat du conducteur : il doit couvrir l'usage domicile-travail et, si un passager prend le volant, le prêt du véhicule.
Bon à savoir
Un usage non déclaré à l'assureur peut poser difficulté en cas de sinistre. En cas de doute, interrogez-le avant de commencer à covoiturer.
Sécurité
Ceinture obligatoire pour tous les occupants, siège adapté pour un enfant.
Privilégiez une plateforme qui vérifie l'identité des membres, ou le covoiturage entre collègues.
Communiquez votre trajet à un proche lors d'un premier covoiturage avec une personne inconnue.
Convenez à l'avance des horaires, du délai d'attente et de la participation aux frais.
Sources : code des transports, economie.gouv.fr (page du 9 juillet 2025, consultée le 2 octobre 2026).
Montants : le forfait mobilités durables
Le forfait mobilités durables est versé par l'employeur aux salariés et agents qui viennent travailler autrement qu'en voiture individuelle. Il est exonéré d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans les limites ci-dessous.
Forfait mobilités durables : secteur privé et fonction publique
Secteur privé
Mise en place : facultative, par accord d'entreprise ou décision de l'employeur.
Modes concernés : covoiturage comme conducteur ou passager, vélo personnel mécanique ou électrique, engins de déplacement personnels motorisés, services de mobilité partagée (vélos, trottinettes, autopartage de véhicules à faibles émissions).
Justificatifs : l'employeur peut demander une attestation sur l'honneur ou un relevé de trajets.
Cumul : le forfait s'ajoute à la prise en charge obligatoire de 50 % de l'abonnement de transport public (voir la fiche tarifs réduits dans les transports).
Astuce
Les plateformes de covoiturage fournissent en général un relevé de vos trajets. Conservez-le : il sert de justificatif auprès de l'employeur.
Sources : service-public.gouv.fr (fiches vérifiées les 21 et 25 février 2026), economie.gouv.fr (9 juillet 2025), consultés le 2 octobre 2026.
Démarche : les aides des collectivités
Beaucoup de régions, métropoles et agglomérations financent le covoiturage domicile-travail. Depuis 2023, l'État complète ces aides selon le principe « 1 € de l'État pour 1 € de la collectivité » (ministère de l'Économie, juillet 2025).
Trajets aidés par les collectivités : comment ça marche
Passagers : trajets gratuits ou à quelques dizaines de centimes, surtout sur les trajets courts.
Conducteurs : une somme par passager transporté, dans la limite d'un plafond mensuel.
Condition : réserver sur une plateforme partenaire de la collectivité. Les trajets sont transmis au registre de preuve de covoiturage de l'État, qui vérifie qu'ils ont eu lieu.
Les montants, les plateformes partenaires et les périodes changent souvent. Le site de l'intercommunalité ou de la région les indique, tout comme l'Observatoire national du covoiturage.
Partenariat : la plateforme est-elle partenaire de votre collectivité ou de votre employeur ? C'est en général la condition des trajets gratuits et des bonus.
Preuve des trajets : transmet-elle vos trajets au registre de preuve de covoiturage ? C'est utile pour le forfait mobilités durables.
Frais de service : certaines prélèvent une commission, surtout sur les longs trajets.
Offre : y a-t-il des conducteurs sur votre trajet, à vos horaires ?
Garantie de retour : certaines prévoient un taxi ou un transport pris en charge si le conducteur annule.
Sources : economie.gouv.fr, observatoire.covoiturage.gouv.fr. Portail-Habitat.fr ne recommande aucune plateforme commerciale.
Cas particuliers : lignes, aires et voies réservées
Lignes de covoiturage
Sur un axe très fréquenté, une ligne de covoiturage relie des arrêts matérialisés, comme une ligne de bus. Le passager se présente à l'arrêt, parfois après avoir signalé son trajet sur une application ou une borne, et un conducteur inscrit le prend en charge.
Certaines lignes garantissent un départ même sans conducteur disponible. Elles sont créées par les intercommunalités, les départements ou les régions.
Aires de covoiturage
Ce sont des parkings, souvent gratuits, situés près des échangeurs ou des grands axes, où conducteurs et passagers se retrouvent. Les départements et les intercommunalités en publient la carte. Une aire située hors d'une zone à faibles émissions permet d'y laisser une voiture non autorisée et de poursuivre comme passager (voir la fiche vignette Crit'Air et ZFE).
Voies réservées
Dans plusieurs agglomérations, une voie d'autoroute ou de voie rapide est réservée, à certaines heures, aux véhicules transportant au moins deux personnes. D'autres catégories peuvent y circuler selon les cas : bus, taxis, titulaires de la carte mobilité inclusion stationnement.
SignalisationLosange blanc
Circuler seul pendant les horaires d'activationAmende de 135 €
Autostop organisé
Dans certaines zones rurales, des réseaux d'autostop organisé proposent des arrêts identifiés et l'inscription préalable des conducteurs et des passagers.
Source : service-public.gouv.fr (actualité du 29 avril 2025 sur la voie réservée du boulevard périphérique parisien, consultée le 2 octobre 2026).
Outil : partage des frais et économies
Pour un trajet domicile-travail régulier. Le calcul retient le carburant et les péages, partagés à parts égales entre tous les occupants. C'est une base de discussion : la participation peut aussi couvrir une part de l'usure du véhicule, sans bénéfice pour le conducteur.
Estimation indicative calculée dans votre navigateur : rien n'est enregistré. Le coût réel d'une voiture (entretien, pneus, assurance, dépréciation) dépasse celui du seul carburant.
Quiz : les règles du covoiturage
6 questions pour vérifier les points essentiels.
Ce que dit la loi
Le covoiturage est défini par le code des transports. Le forfait mobilités durables relève du code du travail pour les salariés du privé et de décrets propres à chaque fonction publique.
Code des transports, article L3132-1
« Le covoiturage se définit comme l'utilisation en commun d'un véhicule terrestre à moteur par un conducteur et un ou plusieurs passagers, effectuée à titre non onéreux, excepté le partage des frais, dans le cadre d'un déplacement que le conducteur effectue pour son propre compte. »
En clair : le conducteur fait son propre trajet et ne peut demander qu'une participation aux frais. S'il fait un bénéfice ou un trajet uniquement pour ses passagers, ce n'est plus du covoiturage.
Code du travail, article L3261-3-1
« L'employeur peut prendre en charge, dans les conditions prévues pour les frais de carburant à l'article L. 3261-4, tout ou partie des frais engagés par ses salariés se déplaçant entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail avec leur cycle ou cycle à pédalage assisté personnel ou leur engin de déplacement personnel motorisé ou en tant que conducteur ou passager en covoiturage […] »
En clair : c'est la base du forfait mobilités durables. Le verbe « peut » signifie que le versement est facultatif dans le secteur privé ; le plafond d'exonération est fixé par le code général des impôts.
Code des transports, article L1231-15
En clair : les autorités organisatrices des mobilités peuvent développer le covoiturage : plateformes de mise en relation, signalétique, et versement d'une allocation aux conducteurs et aux passagers. C'est le fondement des trajets gratuits et des bonus financés par les collectivités.
Décrets n° 2022-1557, n° 2022-1560 et n° 2022-1562 du 13 décembre 2022
En clair : pour les agents des fonctions publiques territoriale, hospitalière et de l'État, le forfait mobilités durables est proportionnel au nombre de jours de trajet à vélo ou en covoiturage, à partir de 30 jours, et atteint 300 € à partir de 100 jours dans l'année.
Code des transports, article L1231-15 : covoiturage et autorités organisatrices des mobilités
Décret n° 2022-1562 du 13 décembre 2022 : forfait mobilités durables dans la fonction publique de l'État
Questions fréquentes
Non, tant que ces sommes couvrent seulement les frais du trajet et que vous en payez votre part. Si vous faites un bénéfice, elles deviennent imposables. Conservez une trace de vos frais.
Oui si votre employeur l'a mis en place : le covoiturage entre collègues compte, avec ou sans plateforme. L'employeur peut demander une attestation sur l'honneur. Une plateforme facilite la preuve des trajets.
Oui. Dans le secteur privé, le total exonéré peut alors atteindre 900 € par an. Le remboursement de 50 % de l'abonnement reste obligatoire dans tous les cas.
La prime nationale n'est plus accordée depuis le début de 2025. Une plateforme peut proposer sa propre offre commerciale ou relayer une aide locale, mais aucune aide publique ne demande un paiement ou des coordonnées bancaires pour être « débloquée ». Voir la fiche arnaques et démarchage.
Certaines lignes de covoiturage et plateformes partenaires des collectivités prévoient une garantie de retour, en taxi ou en transport pris en charge. Vérifiez-le avant de choisir. Entre collègues, prévoyez une solution de secours.
Oui. Les agents des trois fonctions publiques y ont droit à partir de 30 jours de covoiturage ou de vélo dans l'année : 100 €, 200 € ou 300 € selon le nombre de jours. La déclaration sur l'honneur se dépose auprès du service des ressources humaines avant le 31 décembre.