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Guide pratique · Mis à jour en octobre 2026

Biodéchets et compost
Obligation et solutions en 2026

Depuis le 1er janvier 2024, épluchures et restes de repas ne vont plus avec les ordures ménagères. Votre collectivité propose une solution : composteur individuel, composteur partagé ou collecte séparée, souvent gratuitement.

L'essentiel

1er janv. 2024tri à la source obligatoire
1/3des ordures ménagères non triées
6 à 12 moispour obtenir un compost mûr
  • Déchets concernés : épluchures, restes de repas, marc de café, sachets de thé, pain, et les déchets verts du jardin.
  • Rôle de la collectivité : proposer à chaque foyer une solution adaptée à son logement.
  • Rôle des habitants : trier leurs biodéchets avec cette solution, ou composter eux-mêmes.
  • Destination : du compost pour les sols ou du biogaz par méthanisation, au lieu de l'incinération ou de l'enfouissement.

À retenir

  • Trier ses biodéchets est obligatoire ; les composter soi-même ne l'est pas.
  • La solution dépend de votre logement et de votre collectivité.
  • Le composteur est souvent fourni gratuitement ou à prix réduit.

Sources : service-public.gouv.fr (fiche « Ordures ménagères », vérifiée le 13 août 2026), ecologie.gouv.fr (page « Tri à la source des biodéchets »), ADEME, consultés le 2 octobre 2026.

Solutions selon votre logement

La collectivité choisit les solutions adaptées à son territoire et peut les combiner : compostage en zone pavillonnaire, collecte séparée en centre-ville, par exemple.

Schéma : quelle solution de tri des biodéchets selon votre logement. Maison avec jardin : composteur de jardin, en bac ou en tas. Immeuble ou quartier : composteur partagé suivi par des habitants référents, avec l'accord du bailleur ou de la copropriété. Secteur équipé : collecte séparée en bac dédié ou en borne, qui accepte souvent viande, poisson et os. Appartement ou balcon : lombricomposteur, en complément seulement, ce n'est pas une solution à lui seul. Vous devez trier vos biodéchets, pas forcément les composter vous-même.
La collectivité choisit et combine les solutions proposées sur son territoire.
  • Composteur de jardin : il accepte aussi une partie des déchets du jardin ; le compost sert au potager et aux plantations.
  • Composteur partagé : les habitants référents sont souvent formés par la collectivité.
  • Collecte séparée : un bioseau et des sacs peuvent être fournis.
  • Lombricomposteur : des vers transforment les déchets de cuisine, sans odeur s'il est bien conduit. Il craint le gel et les fortes chaleurs.
  • Bokashi : un seau hermétique où les déchets fermentent, en appoint en appartement. Son contenu doit ensuite être enfoui ou composté.

Bon à savoir

Le déploiement n'est pas achevé partout. La solution prévue à votre adresse figure sur le site de votre intercommunalité, rubrique déchets ou prévention. En attendant, un composteur individuel reste le plus simple si vous avez un jardin.

Ce qui se composte

Ces consignes valent pour un composteur de jardin ou partagé. Pour la collecte séparée, suivez les consignes de votre collectivité, souvent plus larges.

Schéma : ce qui va au composteur de jardin ou partagé. Oui : épluchures, fruits et légumes abîmés, marc de café, filtres et sachets de thé, restes de repas végétaux, pain, pâtes, riz, coquilles d'œufs écrasées, fleurs fanées, mouchoirs, carton brun. Avec modération : agrumes, oignons et ail en morceaux, viande, poisson, os et produits laitiers, cendres de bois froides, tonte en couches fines, coquillages et noyaux. Non : plastiques même dits compostables, litière et excréments d'animaux, mégots, poussière d'aspirateur, couches, lingettes, coton, végétaux malades ou traités.
Pour la collecte séparée, suivez les consignes de votre collectivité, souvent plus larges.

Attention

Cendres de charbon de barbecue et plantes invasives montées en graines ne vont pas au compost. Papiers imprimés en couleur et magazines vont dans le bac de tri.

Composter et pailler : les conseils de l'ADEME →

Réussir son compost

Un compost réussi repose sur trois règles : équilibrer les matières humides et sèches, aérer (à la fourche ou au brass-compost), surveiller l'humidité.

Schéma : la recette d'un bon compost. Des déchets humides (épluchures, restes, tonte) qui apportent l'azote, plus des déchets secs (feuilles mortes, broyat, carton brun) qui apportent le carbone, en volumes à peu près équivalents, plus de l'air en brassant le haut du tas toutes les 2 à 3 semaines, plus de l'eau pour rester humide comme une éponge essorée. Résultat : un compost mûr en 6 à 12 mois, brun foncé, friable, à l'odeur de sous-bois.
Équilibre, aération, humidité : les trois règles d'un compost sans odeur.
ProblèmeCause probableSolution
Mauvaise odeurTrop humide, manque d'airAjouter des matières sèches, brasser
Pas de décompositionTrop sec ou morceaux trop grosArroser légèrement, couper plus petit, ajouter des déchets humides
MoucheronsDéchets de cuisine laissés en surfaceLes recouvrir de matières sèches
RongeursViande, poisson ou produits laitiersLes retirer, poser un grillage fin sous le bac

Check-list : démarrer un composteur

Utiliser le compost

  • Compost mûr : en surface au pied des arbres, des haies et au potager, ou mélangé à la terre de plantation.
  • En pot : environ un tiers de compost pour deux tiers de terre.
  • Compost jeune, où l'on reconnaît encore des morceaux : en paillage, mais pas pour les semis.

Obtenir un composteur

Il n'existe pas d'aide nationale versée aux particuliers pour composter. Ce sont les collectivités, soutenues par l'État pour déployer le tri des biodéchets, qui équipent les habitants. Les offres varient :

  • Composteur individuel gratuit ou à prix réduit, parfois contre une courte formation.
  • Lombricomposteur pour les appartements, dans certaines collectivités.
  • Bioseau et sacs pour la cuisine, surtout là où existe la collecte séparée.
  • Composteurs partagés installés et suivis avec des habitants référents ou des guides-composteurs.
  • Broyage des végétaux : prêt ou location aidée de broyeur, journées de broyage, broyat en déchèterie.
  1. Consultez l'offre locale Sur le site de votre intercommunalité, avant d'acheter un composteur dans le commerce.
  2. Réservez En ligne, par téléphone ou par formulaire, souvent avec un justificatif de domicile. Le nombre de composteurs par foyer peut être limité.
  3. Retirez le composteur Lors d'une distribution, souvent accompagnée d'une présentation des bons gestes.
  4. En immeuble Pour un composteur partagé, sollicitez le syndic ou le bailleur et la collectivité : il faut l'accord du propriétaire des lieux et quelques habitants volontaires.

Déchets verts du jardin

Tontes, feuilles, tailles de haies et branches sont aussi des biodéchets.

  • Tonte mulching : l'herbe finement coupée laissée sur la pelouse la nourrit.
  • Paillage : tonte séchée, feuilles ou broyat au pied des plantes limitent l'arrosage et les herbes indésirables.
  • Broyage : les branches broyées fournissent un paillage et une réserve de matières sèches pour le compost.
  • Déchèterie : pour les gros volumes, qui y sont transformés en compost.

À savoir

Le brûlage des déchets verts à l'air libre est interdit, y compris dans un incinérateur de jardin. Brûlage des déchets verts : ce que dit la règle

Quiz : compost ou pas ?

Sept questions pour vérifier vos réflexes. L'explication s'affiche après chaque réponse.

Ce que dit la loi

L'obligation de tri à la source des biodéchets résulte de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, dite « loi AGEC », qui transpose le droit européen. Elle est inscrite dans le code de l'environnement.

Code de l'environnement, article L. 541-1-1 (définition des biodéchets)
« Les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires. »

En clair : pour un foyer, les biodéchets sont les restes de cuisine et de repas et les déchets verts du jardin.

Code de l'environnement, article L. 541-21-1

En clair : depuis le 1er janvier 2024, tous les producteurs et détenteurs de biodéchets, y compris les ménages, doivent les trier à la source, et les collectivités chargées du service public des déchets doivent mettre une solution de tri à la disposition de chaque habitant. Aucune amende ne sanctionne spécifiquement le fait de ne pas composter.

Avis du 6 décembre 2023 relatif aux solutions techniques de tri à la source des biodéchets (NOR : TREP2332989V)

En clair : l'État précise les solutions reconnues : compostage domestique, compostage partagé à proximité des logements, collecte séparée en porte-à-porte ou en points d'apport volontaire accessibles. Le lombricompostage peut compléter ces solutions mais ne peut pas en constituer une à lui seul.

Code pénal, article R. 633-6

En clair : lorsque le règlement de collecte de votre collectivité fixe des consignes de tri, déposer ses déchets sans les respecter est puni d'une amende forfaitaire de 68 € depuis le 5 juin 2026.

Textes de référence

Questions fréquentes

Non. Vous devez trier vos biodéchets, pas nécessairement les composter. Si votre collectivité a mis en place une collecte séparée, il suffit de l'utiliser.

Pas s'il est bien tenu. Les rongeurs sont attirés par la viande, le poisson, les produits laitiers et les restes gras laissés en surface. Évitez-les, recouvrez chaque apport de matières sèches et, si besoin, posez un grillage fin sous le composteur.

Oui, en quantité raisonnable et coupés en morceaux, dans un composteur de jardin : ils se décomposent plus lentement. Dans un lombricomposteur, limitez-les fortement, car les vers les supportent mal.

Uniquement si votre collectivité le prévoit : certaines fournissent des sacs en papier kraft ou des sacs adaptés à leur installation de traitement, d'autres demandent de vider le bioseau en vrac. Un sac plastique ordinaire est toujours exclu.

Dans le jardin privatif du logement, un composteur relève de l'usage normal du jardin. Dans les espaces communs d'un immeuble, l'accord du bailleur ou de la copropriété est nécessaire. Un lombricomposteur à l'intérieur du logement ne demande aucune autorisation.

Pas directement, sauf là où s'applique une tarification incitative : la facture dépend alors en partie du poids ou du nombre de levées du bac d'ordures ménagères. Ailleurs, la réduction des déchets incinérés ou enfouis limite la hausse du coût du service pour l'ensemble des habitants.

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