L'intoxication par les champignons survient surtout à l'automne, après une confusion entre une espèce comestible et une espèce toxique, ou avec des champignons abîmés, mal cuits ou mal conservés. La règle : ne manger que ce qui est identifié avec certitude. Au moindre symptôme après un repas de champignons, un centre antipoison répond jour et nuit.
15Samu Détresse vitale
112Urgence depuis un portable
114Urgence par SMS Sourds, malentendants
L'essentiel
Les intoxications par les champignons de cueillette peuvent être graves : troubles digestifs sévères, atteinte des reins, atteinte du foie pouvant nécessiter une greffe, parfois le décès. Les autorités sanitaires recommandent quelques règles simples, avant, pendant et après la cueillette.
1 363personnes avec symptômes ont appelé un centre antipoison, de juillet à décembre 2024
3,1 %de ces intoxications étaient de forte gravité
3 décèset 3 cas d'insuffisance rénale chronique sur la même période
Octobremois où le pic d'intoxications est attendu
Sources : Anses (cueillette des champignons, publication du 25 septembre 2025 : données 2024 en France hexagonale), service-public.gouv.fr (actualité du 10 octobre 2025) (consulté le 2 octobre 2026).
À retenir
Un doute sur un seul champignon : on ne mange pas la récolte avant de l'avoir fait contrôler.
Une application sur smartphone ne suffit jamais à identifier un champignon.
Malaise après le repas, même tardif : centre antipoison tout de suite.
Malaise après un repas de champignons : que faire
Au moindre symptôme après avoir mangé des champignons, appelez immédiatement un centre antipoison en signalant ce repas. Les signes peuvent apparaître de quelques heures à plus de 12 heures après la consommation, et l'état de la personne peut s'aggraver rapidement.
Autres signes : tremblements, vertiges, troubles de la vue.
Signes de détresse : perte de connaissance, difficulté à respirer. Appelez le 15 ou le 112.
Les quatre gestes au premier symptôme, même plusieurs heures après le repas.
Attention
Des troubles qui commencent tard, le soir ou le lendemain du repas, n'écartent pas une intoxication grave : les signes peuvent apparaître plus de 12 heures après la consommation, puis s'aggraver rapidement. Appelez même si les signes semblent légers ou s'ils s'atténuent.
Les centres antipoison
Ils répondent 24 h/24 et donnent la conduite à tenir. Appelez le centre de votre région.
15SamuDétresse vitale : perte de connaissance, difficulté à respirerGratuit
02 41 48 21 21Centre antipoison d'Angers24 h/24Prix d'un appel
05 56 96 40 80Centre antipoison de Bordeaux24 h/24Prix d'un appel
0 800 59 59 59Centre antipoison de Lille24 h/24Appel gratuit
04 72 11 69 11Centre antipoison de Lyon24 h/24Prix d'un appel
04 91 75 25 25Centre antipoison de Marseille24 h/24Prix d'un appel
03 83 22 50 50Centre antipoison de Nancy24 h/24Prix d'un appel
01 40 05 48 48Centre antipoison de Paris24 h/24Prix d'un appel
05 61 77 74 47Centre antipoison de Toulouse24 h/24Prix d'un appel
Sources : service-public.gouv.fr (actualité du 10 octobre 2025, d'après l'Anses), centres-antipoison.net (consulté le 2 octobre 2026).
Avant, pendant et après la cueillette
Les recommandations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) suivent la cueillette pas à pas. Elles valent pour les connaisseurs comme pour les cueilleurs occasionnels.
Avant de partir
Un panier en osier, une caisse ou un carton, assez grand pour séparer les espèces. Jamais de sac en plastique : il accélère le pourrissement.
Un lieu propre : loin des bords de route, des zones industrielles, des décharges et des pâturages. Les champignons absorbent les polluants.
Un contact pour vérifier : repérez un pharmacien qui accepte d'identifier les cueillettes, ou une association de mycologie près de chez vous.
Pendant la cueillette
Ne ramassez que les champignons que vous connaissez parfaitement. Certaines espèces très toxiques ressemblent beaucoup à des espèces comestibles.
Restez vigilant au coin habituel : des espèces toxiques peuvent pousser là où vous avez trouvé des comestibles une autre année.
Prélevez le champignon entier, pied et chapeau, en bon état : c'est indispensable pour l'identifier.
Laissez les très jeunes et les vieux spécimens : les premiers favorisent les confusions, les seconds sont souvent abîmés ou envahis par les vers.
Les bons gestes et les erreurs à éviter, du panier à l'assiette.
Après la cueillette
Lavez-vous soigneusement les mains.
Photographiez la récolte avant la cuisson : en cas d'intoxication, la photo aide à choisir le traitement.
Au moindre doute sur l'état ou l'identité d'un seul champignon, ne mangez rien avant un contrôle par un pharmacien ou une association de mycologie.
Source : Anses, recommandations reprises par service-public.gouv.fr (actualité du 10 octobre 2025) (consulté le 2 octobre 2026).
Les confusions les plus dangereuses
Les confusions entre espèces peuvent provoquer des intoxications graves. Les autorités sanitaires mettent en garde contre deux d'entre elles en particulier.
Ce que l'on croit cueillir
Ce que l'on cueille en réalité
Conséquence
Girolle ou chanterelle
Clitocybe de l'olivier
Troubles digestifs parfois sévères, pouvant causer une déshydratation
Coulemelle
Amanite phalloïde
Atteinte du foie (hépatite) parfois mortelle
Bon à savoir
Les centres antipoison ont constaté des confusions favorisées par des applications de reconnaissance sur smartphone, qui avaient donné des identifications erronées. Une application peut vous mettre sur une piste, jamais remplacer l'avis d'un pharmacien ou d'un mycologue.
Sources : Anses (publication du 25 septembre 2025), service-public.gouv.fr (actualité du 10 octobre 2025) (consulté le 2 octobre 2026).
Conserver, cuire, manger
Un champignon comestible peut aussi rendre malade s'il est mal conservé, mal cuit ou mangé en trop grande quantité.
Conservation au réfrigérateur4 °C maximum
À consommer dans les2 jours après la cueillette
Cuisson à la poêle20 à 30 minutes
Ou à l'eau bouillante, eau jetée15 minutes
Quantité raisonnable par adulte150 à 200 g par semaine
Jamais crus : la cuisson détruit parasites et bactéries et rend certaines espèces comestibles (shiitake, morilles, certains bolets).
Une espèce à la fois : cuisez chaque espèce séparément, et conservez-les à l'écart des autres aliments.
Jeunes enfants : ne leur proposez jamais de champignons cueillis.
Personnes âgées et femmes enceintes : à éviter. Chez les seniors, une intoxication expose fortement à la déshydratation ; la terre peut porter des parasites, comme la toxoplasmose, dangereux pour le fœtus.
À savoir
N'achetez pas de champignons vendus par des non-professionnels, au bord de la route ou « à la sauvette » : personne ne garantit leur identification ni leur fraîcheur.
Source : Anses, recommandations reprises par service-public.gouv.fr (actualité du 10 octobre 2025) (consulté le 2 octobre 2026).
Où cueillir : les règles à connaître
Les champignons, comme les autres produits de la forêt, appartiennent au propriétaire du terrain. Cueillir n'est donc jamais un droit automatique.
Forêt ou terrain privé : il faut l'accord du propriétaire.
Forêt publique : renseignez-vous sur les règles locales avant de partir (panneaux, site de la commune ou de la préfecture).
Sources : service-public.gouv.fr (« les produits de la forêt appartenant à leurs propriétaires », actualité du 29 avril 2026 ; cueillette des champignons, actualité du 10 octobre 2025) (consulté le 2 octobre 2026).
Check-list : avant de passer à table
Toutes les cases doivent être cochées. Sinon, la récolte ne se mange pas. Les cases cochées ne sont pas enregistrées.
Quiz : cueilleur averti ?
7 questions sur la cueillette et les bons réflexes. L'explication s'affiche après chaque réponse.
Ce que dit la loi
La sécurité des aliments mis en vente relève du droit européen. La vente sans autorisation sur la voie publique, dite « à la sauvette », est sanctionnée par le code pénal.
Règlement (CE) n° 178/2002 du 28 janvier 2002, article 14, paragraphe 1
« Aucune denrée alimentaire n'est mise sur le marché si elle est dangereuse. »
En clair : un champignon vendu sur un marché, dans un commerce ou servi au restaurant ne doit présenter aucun danger. Une denrée est dangereuse si elle est préjudiciable à la santé ou impropre à la consommation humaine.
Règlement (CE) n° 178/2002 du 28 janvier 2002, article 19
En clair : un professionnel qui a des raisons de penser qu'un aliment qu'il a vendu n'est pas sûr doit le retirer du marché et en informer les autorités.
Code pénal, articles 446-1 et 446-3
En clair : vendre sans autorisation sur la voie publique est un délit, puni de 6 mois d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende. Les marchandises peuvent être saisies et détruites.
Non, seulement certains. Appelez la pharmacie avant de vous déplacer, et apportez toute la récolte, champignons entiers, pied et chapeau. Vous pouvez aussi vous adresser à une association de mycologie de votre région.
Non. Appelez tout de suite un centre antipoison en signalant le repas de champignons. Notez l'heure du repas et celle des premiers signes, gardez les restes et la photo de la récolte. En cas de perte de connaissance ou de difficulté à respirer, appelez le 15 ou le 112.
Oui. Les signes peuvent apparaître plus de 12 heures après le repas. Signalez au centre antipoison toutes les personnes qui ont mangé le plat, enfants compris : il indiquera la conduite à tenir pour chacune.
Non. Des espèces toxiques peuvent pousser là où vous avez trouvé des comestibles une autre année. Vérifiez chaque champignon, à chaque sortie.
Au réfrigérateur, à 4 °C au maximum, les champignons cueillis se consomment dans les 2 jours, à l'écart des autres aliments. Au-delà, ils s'abîment et peuvent rendre malade, même s'ils sont comestibles.
Non. Les produits de la forêt appartiennent à son propriétaire : en forêt privée, il faut son accord. En forêt publique, informez-vous des règles locales avant de partir.